Accueil > Presse > Communiqués de presse > A l'International > La crise économique ne doit pas servir de prétexte pour a...
La crise économique ne doit pas servir de prétexte pour abandonner les objectifs du Millénaire en santé
A l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, le 7 avril, Action for Global Health lance son troisième rapport. A l’heure où la crise est dans tous les esprits, AfGH s’inquiète du risque de voir les gouvernements européens l’utiliser comme excuse pour revenir sur leurs engagements en matière d’aide au développement.
La santé en crise - rapport n°3
Paris, le 7 avril 2009
A l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, le 7 avril, Action for Global Health lance son troisième rapport. A l’heure où la crise est dans tous les esprits, AfGH s’inquiète du risque de voir les gouvernements européens l’utiliser comme excuse pour revenir sur leurs engagements en matière d’aide au développement. Pour AfGH, il faut au contraire que ces derniers affichent la même détermination à prendre des mesures d’urgence pour la santé dans le monde que celle dont ils ont fait preuve pour sauver le système bancaire.
D’après Marie-Alexia Delerue, chargée de plaidoyer chez Médecins du Monde, membre du réseau AfGH, « en 2008, les gouvernements européens ont réaffirmé leurs engagements en matière d’aide au développement lors des sommets d’Accra, de New York et de Doha, mais les actions ne sont pas à la hauteur des promesses et des besoins ». Ce rapport les appelle à agir plus énergiquement en cette période de crise.
Alors que les pays donateurs ont vu leur économie chuter vertigineusement en 2008, il est rapidement apparu que les pays du Sud seraient les plus durement touchés par la crise. Les disparités en santé qui existent déjà entre le Nord et le Sud s’en trouveront exacerbées. On estime aujourd’hui que la récession pourrait entraîner le décès supplémentaire de 200 000 à 400 000 enfants de moins de 5 ans chaque année1.
Le rapport indique que les actions de l’Union Européenne (UE) et de ses Etats membres ne sont toujours pas à la hauteur de leurs engagements. Il met en exergue le fait qu’en dépit de leurs promesses, l’objectif pour l’Europe de consacrer 0.56% du revenu national brut à l’aide d’ici 2010 ne sera pas atteint. La France consacre aujourd’hui seulement 0.39% de son RNB à l’APD.
Par ailleurs, si le rapport accueille favorablement le rôle de chef de file joué par l’UE et ses Etats membres en matière d’efficacité de l’aide, la question de la responsabilité mutuelle envers les résultats n’a que peu progressé. Il devient urgent de définir un cadre de suivi clair qui permettra d’évaluer concrètement les progrès réalisés et de responsabiliser tant les bailleurs que les gouvernements bénéficiaires vis-à-vis des résultats.
En 2009, l’EU et ses Etats membres ne doivent pas oublier les engagements pris en 2008 et, dans le cadre des mesures adoptées pour faire face à la crise économique internationale, privilégier et accélérer les réponses apportées à la crise mondiale de la santé. Les actions doivent cibler les plus pauvres afin que les OMD en santé soient atteints et une aide accrue et plus efficace doit être mis en place. Les principes fondamentaux que sont le
droit universel à la santé, l’égalité des sexes et le principe d’appropriation démocratique de l’aide doivent également être garantis par les gouvernements donateurs et les pays partenaires.
Selon Annick Jeantet, chargée de plaidoyer pour Avocats pour la santé dans le monde, membre du réseau AfGH, « la crise va toucher les plus défavorisés (femmes, enfants et groupes marginalisés) et les besoins d’un accès pour tous aux soins n’en seront que renforcés. Nos gouvernements doivent agir maintenant et ne pas revenir sur leurs promesses ».
Le rapport sera lancé simultanément à Berlin, Bruxelles, Londres, Madrid, Paris, Prague et Rome et sera disponible en 5 langues.
Contacts Action for Global Health:
Marie-Alexia Delerue, marie-alexia.delerue@medecinsdumonde.net
Annick Jeantet, ajeantet@ghadvocates.org
Pour en savoir plus : www.actionforglobalhealth.org
