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2/ UNE SANTÉ DÉTÉRIORÉE, DES DROITS AUX SOINS BAFOUÉS

2/ UNE SANTÉ DÉTÉRIORÉE, DES DROITS AUX SOINS BAFOUÉS



De décembre 2006 à juillet 2009, 1 565 travailleuses sont venues consulter à Médecins du Monde : 1 314 des maquiladoras de textile et 251 des usines agroalimentaires.

"Beaucoup sont fatiguées par les nombreuses heures supplémentaires, déprimées, stressées par le bruit des machines, par les mauvais traitements et les menaces constantes de licenciement, irritées par la poussière et les substances chimiques" explique Aurélie Leroyer, coordinatrice du programme au Guatemala.


DES PATHOLOGIES LIÉES AUX CONDITIONS DE TRAVAIL

Dans l’agroalimentaire, les femmes viennent principalement consulter pour des infections respiratoires, des irritations de la peau et allergies, des maux de tête, douleurs lombaires, douleurs urinaires, troubles intestinaux, problèmes menstruels et gynécologiques, contrôles de grossesse, carences en vitamines... mais aussi pour des pathologies liées au manque de sommeil, au stress et à la nervosité.

Dans les maquilas, les consultations sont liées à des douleurs aux jambes et au dos, à des vertiges et nausées, à la nervosité et à des maux de tête, des maladies gastro-intestinales, infections vaginales, anémies, douleurs abdominales, contrôles de grossesse, avortements, planning familial et pour réaliser des tests de dépistage du cancer de l’utérus.

Ces pathologies peuvent être liées aux conditions de travail. Les femmes identifient elles-mêmes les facteurs de risques liées à leurs conditions de travail qui ont une incidence négative sur leur santé :

Dans les agro-industries, les femmes identifient également comme risques le fait d’être en contact avec des produits chimiques utilisés pour les légumes ou d'être soumises à des changements brusques de températures (chambres froides)...







PAS DE SÉCURITÉ SOCIALE

Tout employeur a l'obligation légale d'enregistrer ses salariés auprès de la sécurité sociale (IGSS). Pourtant beaucoup d’entre eux ne le font pas mais continuent de prélever une cotisation à leurs salariés : Ainsi, dans les maquiladoras, 86.4% des femmes cotisent (sommes prélevées directement par les employeurs sur les salaires) mais seules 56,5% ont un carnet d'affiliation qui leur permettent de réellement bénéficier de la sécurité sociale. Même situation dans les agro-industries, où près de la moitié (43.8%) des femmes cotisent mais où seules 29,5% sont affiliées à l'IGSS.

Cette pratique illégale est passible d’une amende voire de la fermeture de l’usine mais en pratique la majorité des usines ne font l’objet d’aucune sanction.


DES SOINS SOUMIS AU BON VOULOIR DES EMPLOYEURS

Même lorsque les ouvrières sont affiliées à la sécurité sociale, beaucoup d'entre elles n'ont pas accès aux soins car pouvoir consulter dans une structure de soins prise en charge par l’IGSS, un salarié doit présenter toute une série de justificatifs : carte d'identité, carnet d'affiliation à l'IGSS et certificat de travail délivré par leur patron (excepté en cas d'urgence).

En pratique, chaque travailleuse doit donc demander à son patron l’autorisation de se rendre à une consultation médicale. Ce dernier l’accorde de façon arbitraire, refusant souvent de fournir ce certificat pour éviter qu'elles ne s’absentent pendant leurs heures de travail.


Au total, seules 25 % des femmes ont été soignées dans des structures de soins de l’IGSS et ont reçu les médicaments prescrits.




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mars 2010