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2 – Des systèmes de santé défaillants au Sud
Le fort taux de mortalité maternelle dans les pays du Sud s’explique principalement par un système de santé défaillant dans lequel le personnel de santé est souvent inexistant et les soins et les médicaments trop coûteux.
LA PÉNURIE EN PERSONNELS DE SANTÉ
De nombreuses femmes survivraient à certaines complications liées à l’accouchement si elles étaient assistées par du personnel de santé qualifié ou des sages-femmes. Or, dansles pays du Sud, la pénurie de personnels soignants est profonde. De plus, face à des conditions de travail difficiles, les médecins diplômés sont souvent démotivés et choisissent de s’installer en ville ou à l’étranger, aggravantles difficultés d’accès aux soins dans les zones rurales.
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Le Niger, un des pays qui enregistrent le plus fort taux de mortalité maternelle au monde, ne dispose que d’une seule sage-femme pour 33 500 habitants. En comparaison, le Sri Lanka dispose d’une sage-femme pour 1800 habitants et affiche l’un des plus faibles taux de mortalité maternelle parmi les PED. Source : www.unicef.org |
LE COUT DES SOINS
La santé n’a pas de prix mais elle a un coût. Dans des pays où la majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (avec moins de deux dollars par jour),le coût des soins constitue un obstacle majeur à l’accès à la santé et a de graves conséquences. Certaines femmes, au moment d’accoucher, meurent ou restent prisonnières de l’hôpital faute de pouvoir payer leurs soins.
| Certains pays en développement se dirigent donc progressivement vers un accès gratuit aux soins de santé primaires. Or le passage à la gratuité implique un changement politique majeur qui doit faire l’objet d’une véritable planification et d’un soutien sur le long terme. Dans la mise en place de ce processus, les institutions internationales ont elles aussi leur rôle à jouer. |
Au Burkina Faso, une césarienne en urgence représente une fois et demie le revenu annuel d’une famille modeste. Source : An education of skilled Care at delivery in Burkina Faso, Impact International, 2008 |
| CAS CONCRET : LA GRATUITÉ DES SOINS AU NÉPAL
En 2006, le Népal a adopté une série de mesures qui, en supprimant l’obstacle financier, facilitent l’accès aux soins des plus vulnérables et des femmes enceintes. Toute personne a accès gratuitement aux consultations et à une sélection de médicaments considérés comme prioritaires. Résultat : en 2 ans, le nombre de consultations a plus que doublé. Depuis 2009, pour réduire le taux de mortalité maternelle, tous les accouchements, les consultations pré- et post-natales ainsi que les contraceptifs sont également gratuits. Depuis, dans l’Hôpital Thapathali de Katmandou, le nombre d’accouchements est passé de 1 700 à 2 000 par mois.
Mais cette politique de gratuité des soins se heurte au manque d’information de la population, au manque de personnel médical et à la pénurie de médicaments.
Seule une fraction de la population est au courant de la possibilité d’accoucher gratuitement et le manque chronique de personnel médical formé, en particulier dans les zones les plus reculées du pays, constituent des freins majeurs à la mise en oeuvre de la gratuité. Malgré ces efforts, le Népal reste loin des OMD : même si le taux de mortalité maternelle a chuté – passant de 5 femmes mortes en couche sur 1 000 en 1991 à 2.29 sur 1000 - le pays est toujours loin de l’objectif fixé pour 2015 (1.35 pour 1000). |
DES MÉDICAMENTS TROP CHERS
A la fin des années 1990, l’OMC a étendu l’utilisation des brevets aux pays du Sud, rendant ainsi de nombreux médicaments très coûteux et inaccessibles. La déclaration de Doha, mise en place en 2001, a permis aux pays en développement de déroger au monopole de certains brevets, leur donnant ainsi la possibilité de s’approvisionner en génériques à un prix accessible. Cependant, en raison de barrières commerciales et juridiques, la bataille est loin d’être gagnée et nombre de médicaments essentiels restent toujours trop chers.
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Pour en savoir plus :
Fiches 6, 7, et 8 du dossier complémentaire
OMS, Rapport sur la santé dans le monde 2006. Travailler ensemble pour la santé
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mars 2010
Dossier de Presse Campagne "non-assistance à mère en danger"
