ACCOMPAGNER LES MIGRANTS
| Un nouveau programme a été lancé par MdM, en 2009, autour de la question des migrations en Afrique subsaharienne.
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Implanté dans un premier temps au Mali, il s’appuie sur un réseau constitué de nombreux partenaires et en particulier de l’Association malienne des expulsés, ainsi que sur le soutien d’Aminata Traoré, femme politique et écrivain, ancienne ministre de la Culture du Mali. Il a pour objectif de former des membres de l’association à la prise en charge psychologique des migrants et des expulsés, qui sont particulièrement stigmatisés.
Juin 2010
MALI : PRÉVENTION ET CHIRURGIE POUR VAINCRE LA FISTULE
| Depuis 1996, MdM est présent à Mopti pour aider les femmes atteintes de fistules obstétricales. Désormais formés, les chirurgiens locaux prennent en charge, médicalement et psychologiquement, les femmes concernées.
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NOS OBJECTIFS
| Informer, soigner et soutenir psychologiquement les femmes atteintes de fistules.
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NOS MOYENS
| Une coordinatrice, un assistant coordinateur, un animateur, un assistante psychologue. Budget : 88 789 €, 27,27 % de fonds propres MDM et 72,73 % de l’AEN (Aide de l’Eglise norvégienne).
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NOS ACTIVITÉS
| Sensibilisation à la maladie par des déplacements dans les villages, des spots d’information à la radio, des pièces de théâtre, opération des fistules à l’hôpital de Mopti, soutien psychologique des femmes et de leurs accompagnants avant et après l’opération.
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La fistule est un orifice qui se forme entre le vagin et la vessie, ou le vagin et le rectum, généralement à la suite d’un accouchement très difficile. Dans plus de 95 % des cas, la mère perd son enfant et devient incontinente. Souffrances morales et physiques rendent le quotidien de ces femmes particulièrement dur, d’autant que certaines sont répudiées. La maladie les isole, les stigmatise. Leur prise en charge par MdM est médicale, financière et psychologique. Dès 2002, MdM a travaillé sur la sensibilisation des populations, pour faire savoir que cette pathologie se soigne et pour la prévenir en incitant les femmes à accoucher en structure de santé. Des spots d’information ont d’abord été diffusés à la radio, des pièces de théâtre ont été jouées. Depuis fin 2008, Aliou Kassambara, un animateur, sillonne les villages, y informe les populations sur la maladie et l’aide apportée par MdM. Si une femme souffre d’incontinence, elle doit se rendre dans son centre de santé communautaire. Là, si le diagnostic est confirmé, elle sera dirigée vers l’hôpital de Mopti. « Aujourd’hui, MdM prend à sa charge le déplacement de la malade et d’un accompagnant, les frais chirurgicaux et un forfait pour la nourriture de la patiente et son accompagnant pendant quarante jours, durée moyenne de son séjour au centre d’hébergement avec lequel nous travaillons », explique Sabine Rouhier, coordinatrice de la mission.
SOUTENIR MALADES ET PROCHES
MdM offre aussi un soutien psychologique à la malade. « Je vois les femmes trois à quatre fois, avant comme après l’opération. Elles veulent savoir si elles vont guérir », témoigne Oumou Bella Bore qui assure le volet soutien psychologique de la mission. Et cette réponse, il est impossible de la donner avant l’intervention. « Cela dépend des types de fistules. Lorsqu’elles sont simples, dans 90 % des cas, on peut fermer en une seule intervention » rapporte le docteur Keita, chirurgien. Une deuxième, voire une troisième, opération n’est donc pas rare. « Un chirurgien vient de France opérer les cas les plus complexes » reprend le docteur Keita, formé par MdM. « C’est comme cela que fonctionne, dorénavant, la formation continue ! » Aujourd’hui, c’est à son tour de transmettre ses connaissances sur le sujet à ses collègues. Car la mission devrait fonctionner de manière complètement autonome dans deux ans, après l’ouverture du nouvel hôpital de Mopti-Sévaré fin 2010.
Rédaction : Luce Michel - Photos : Isabelle Eshraghi
Extrait du Journal des donateurs N°97 - Décembre 2009
| CHIRURGIE / Au Mali, MdM assure le transfert des compétences et souhaite promouvoir la prise en charge gratuite des accouchements.
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Notre ONG mène au Mali un programme de prise en charge globale des femmes atteintes de fistules obstétricales. Cette pathologie, causée lors des accouchements par un travail prolongé et entravé, est en étroit lien avec la pauvreté – nutrition inadéquate, retard de croissance et accouchement à domicile favorisent son développement. Alors que l’on estime le succès des chirurgies entre 80 et 90%, les femmes des communautés pauvres du Mali peuvent difficilement y accéder. Médecins du Monde a donc ouvert une mission dans la région de Mopti.
D’abord basé sur la prise en charge chirurgicale, MdM envisage ensuite le retrait progressif de ce volet, une fois la formation de chirurgiens maliens assurée. Le transfert de compétences consiste à présent dans l’envoi ponctuel de chirurgiens français et la venue des chirurgiens maliens en France.
AU-DELÀ DE L’ACTE CHIRURGICAL
De plus, conscient que beaucoup de femmes atteintes de fistules sont mises à l’écart de leur communauté parce que vues comme impures, MdM a ajouté un volet de réinsertion sociale et de prise en charge psychologique de ces femmes. Des actions de sensibilisation pour le dépistage et la prévention de la maladie ainsi que des sessions d’alphabétisation sont aussi organisées.
D’ailleurs, l’association souhaite prolonger sa présence dans la région de Mopti par le projet Sahel, qui devrait ouvrir courant 2009. Destiné à adapter au Mali et au Burkina-Faso, l’exemple réussi du Niger dans
l’accès aux soins de santé primaires, avec un volet de plaidoyer en faveur de la gratuité des soins, ce projet prévoit une aide à la prise en charge de la césarienne à Douentza et un volet plaidoyer pour
rendre les accouchements gratuits. Un pas de plus dans la prévention des fistules.
Béatriz Zaccaron
Journal destiné aux donateurs, n°93, décembre/janvier/février 2009
(Photo : Véronique Burger / Phanie)
Protéger les femmes les plus vulnérables
| INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES / MdM lance un programme pour les femmes enceintes et les aides ménagères, menacées par le manque de suivi médical.
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Située au nord-est du Mali, Kidal est restée à l’écart des progrès sanitaires enregistrés depuis quelques années. Les centres de santé sont parfois mal équipés et il est difficile de trouver du personnel suffisamment formé acceptant de travailler dans cette région désertique et isolée. Présent depuis 2002 dans la région, MdM travaille à l’amélioration de la couverture et de la qualité des consultations prénatales. Les aides ménagères sont particulièrement vulnérables. Elles sont en général jeunes, analphabètes, mal payées, dépendantes de leur employeur… et très éloignées de leur famille. Autant de raisons qui font d’elles des proies faciles. Près de deux aides ménagères sur trois ont ainsi reconnu avoir déjà eu des symptômes d’infection sexuellement transmissible (IST)… Seule une sur quatre a tenté de se soigner.
RENDRE LES SOINS FAMILIÉS
Le premier objectif est de faire progresser la qualité et la fréquentation des consultations prénatales, en améliorant l’équipement des quatre centres de santé, la formation du personnel et la sensibilisation des femmes enceintes. Le second objectif consiste à lutter contre la propagation des IST et notamment du sida en intervenant auprès des aides ménagères. « Nous savons que ces femmes participent régulièrement à des groupes d’échange. Nous avons prévu de projeter des films et d’organiser des débats pour les mettre en garde. Nous disposons également d’une clinique mobile pour qu’elles puissent bénéficier de dépistages gratuits du VIH. Il s’agit de les familiariser avec les soins pour qu’elles se rendent ensuite spontanément jusqu’à un centre de santé », souligne Agnès Duband, coordinatrice sur place.
Philippe Granjon
Photo : Véronique Burger / Phanie
Un programme pour aider l’enfant vulnérable
| SANTÉ INFANTILE / Depuis le début d’avril 2008, Médecins du Monde mène un programme d’appui à quatre structures locales d’aide aux enfants des rues à Bamako.
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Kadiatou est une jeune Malienne de 13 ans. À l’âge de trois ans, sa famille ne pouvant subvenir à ses besoins, elle a été placée chez son oncle vivant à Bamako. Très vite, Kadiatou devient responsable de la maison : ménage, lessive, cuisine, courses lui sont confiés. Elle n’est pas scolarisée, ne joue pas, sauf parfois lorsqu’elle s’occupe de l’enfant de son oncle. Lors de ses achats au marché, une vendeuse remarque ses mains bandées. Ayant déjà observé des marques de mauvais traitements, la vendeuse accompagne la jeune fille au commissariat, une plainte est déposée contre l’oncle. La jeune fille est placée dans un centre d’accueil pour enfants vulnérables : Kanuya.
Le programme de MdM qui consistait au départ à appuyer une seule structure d’accueil pour les enfants des rues de Bamako, s’est rapidement étendu à l’ensemble des enfants vulnérables, comme Kadiatou. Et ils sont nombreux car, comme le souligne Amélie Prévalet, coordinatrice de la mission, « dans la culture malienne, l’enfant n’est pas le centre de tout comme en Occident ». Le programme soutient désormais quatre centres : Kanuya, Mali Enjeu, le Centre d’écoute communautaire (CEC) et l’association Jeunesse et développement du Mali.
LE TRIPLE OBJECTIF DE LA MISSION
MdMs’attache à renforcer les capacités locales de ces structures, à former et à sensibiliser le personnel à la médecine préventive et curative, ainsi qu’à améliorer la prise en charge psychosociale. Ainsi, Kadiatou a d’abord pu bénéficier de soins. Ses mains avaient été brûlées au fer à souder. L’équipe lui a ensuite permis d’accéder à un soutien psychologique. Les enfants de ces centres vivent parfois dans la rue, ont perdu leurs parents, ont fugué, ont une famille démunie, travaillent ou sont placés dans des écoles coraniques par leurs parents qui ne peuvent subvenir à leurs besoins.
« Ces enfants sont considérés comme ayant un retard mental ou de développement psychomoteur. Ils sont souvent mis à l’écart. Pourtant, il faut se centrer sur ce que veut dire l’enfant et non sur la façon dont il le dit », explique Emilie Sepulchre, psychologue de la mission. « Nous rencontrons en effet des troubles du langage ou de l’articulation, de l’hyperactivité, de l’anxiété, des troubles graves de la personnalité et de la communication ou encore des dépressions profondes avec de possibles tentativesde suicide », ajoute-t-elle. Le but n’est pas une action directe mais un transfert de compétence : « Nous souhaitons rencontrer les animateurs, les former au développement de l’enfant, leur indiquer l’importance du jeu notamment », souligne-t-elle. L’appui de MdM à ces centres est destiné à assurer la pérennité de la prise en charge des enfants vulnérables. Une formation avec l’ensemble des partenaires aura lieu en septembre. Quant à Kadiatou, guérie, elle a pu retourner chez ses parents, après une phase de médiation familiale assurée par les partenaires.
Camille Biet