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A l'international

Nicaragua

Prise en charge des victimes de violences sexuelles et lutte contre le cancer du col de l'utérus

En 2001, face à l’ampleur du phénomène des violences intrafamiliales et sexuelles, en particulier à l’encontre des femmes et des enfants, le gouvernement a fait de cette problématique une priorité de santé publique. MdM s’investit auprès des victimes d’une des régions les plus pauvres, où la fragilité sociosanitaire constitue un facteur de risque de développement de la violence. En parallèle, depuis octobre 2007, MdM aide à former le personnel de Quilali et de San Bartolo pour dépister et traiter les lésions précancéreuses du col de l’utérus.

Interview de Carmen Rodriguez, Co-coordinatrice au Nicaragua.


Quel est le contexte géopolitique du Nicaragua ?

Le cas du Nicaragua est assez spécial, c’est le second pays le plus pauvre d’Amérique centrale et latine après Haïti. Il a vécu une guerre interne il y a environ 30 ans et a réussi grâce à une révolution populaire à mettre fin à une dictature. C’est une république, il s’agit d’une démocratie assez jeune qui date de 1991. Les deux fractions de guérillas continuent à s’affronter, donc il y a toujours quelques tensions. MdM développe ses programmes dans une des régions les plus pauvres du Nicaragua, la région autonome de l’Atlantique Nord qui se trouve sur la côte caribéenne et qui a une frontière commune avec le Honduras. Cette région a la particularité de n’avoir jamais été conquise par les espagnols mais par des pirates anglais, elle est de fait isolée, sa pauvreté est comparable à celle de l’Afrique. La population est assez mixte, elle se compose de personnes indigènes, de descendants d’anciens esclaves ou alors de métis.


Notez-vous des avancées dans le domaine social ?

L’arrivée du parti sandiniste au gouvernement fin 2006,a permis plusieurs avancées notamment au niveau de l’éducation et de la santé, qui sont maintenant gratuits, mais du fait de la pauvreté criante et des besoins très importants de la population, il est très difficile de tout couvrir, d’autant plus que les services restent limités bien que gratuits.


Quels sont les domaines d’interventions de Médecins du Monde au Nicaragua ?

MdM travaille au Nicaragua sur la prise en charge des femmes victimes de violences. C’est en fait du à plusieurs choses, on peut le lier à la culture, à la guerre civile mais aussi en termes de conflits interethniques, et les femmes sont spécifiquement exposées par ce genre de violences. Nous travaillons à plusieurs niveaux, notamment au niveau de la prévention, de la réhabilitation de ces femmes, mais aussi de leur prise en charge et nous promouvons des types de relations non violentes entre hommes et femmes. Pour vous donner un peu le niveau de gravité de ce problème, de tous les délits constatés dans la région où nous travaillons (chiffres de la police en 2005), 43 % des délits représentent des violences faites aux femmes et actuellement nous prenons en charge 50 nouveaux cas de violences par mois.MdM s’engage également dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus, effectivement le manque d’accès au service de santé intégral pour les femmes est considéré comme une forme de violence, et donc on essaye d’agir au niveau de la prévention dans ce domaine.


Comment qualifier les rapports de MdM avec les populations locales ?

Au Nicaragua, nous sommes encore très bien accueillis, d’autant plus que nous y sommes présents depuis 80 et c’est vrai que la population reconnait vraiment l’aide que nous apportons. Les femmes en particulier accueillent le projet de façon très positive, il y a peut être plus de réticences du côté des agresseurs, qui n’acceptent pas trop que MdM fasse la promotion des droits des femmes, d’autant plus qu’ils risquent une peine de prison.


Au niveau des autorités locales, peut-on travailler librement ?

Nous travaillons librement, cependant avec le gouvernement actuel qui se déclare très social reste quand même très interventionniste, notamment en s’octroyant un droit de regard pour les projets des ONG. Il s’agit d’une négociation permanente entre MdM et le gouvernement, on est témoin de violations des droits de l’Homme et nous avons mandat de les dénoncer. D’un autre côté le ministère de la santé reste un partenaire très important pour notre projet, il s’agit d’établir une collaboration avec eux et de montrer les violations qu’il existe sur le terrain. On a une relation intéressante avec le gouvernement mais il faut toujours les relancer, maintenir le contact, insister sur certains points, ce qui peut s’avérer laborieux.


Propos recueillis par Guillaume Gomis.


>> Découvrez l’interview intégrale audio de Carmen Rodriguez sur l’antenne de Radio Solidaire, en cliquant ici.


juillet 2010


LUTTER CONTRE LES VIOLENCES FAMILIALES

Par Guillaume PLASSAIS
Journal destiné aux donateurs, n°90, mars 2008

Dans la Région autonome de l’Atlantique Nord (RAAN), province la plus pauvre du pays, alcool et drogue font des ravages. Depuis 2001, les autorités ont élevé la lutte contre la violence intra-, extra-familiale et sexuelle au rang de priorité nationale.

Au Nicaragua, à Puerto Cabezas, 74,2% des femmes sont victimes de violences domestiques et sexuelles. MdM assure la prise en charge médicale de ces victimes et sensibilise les populations. Parallèlement, l’association a développé, en partenariat avec des acteurs nationaux, un réseau permettant d’assurer le suivi judiciaire et social des femmes victimes de violences. Le réseau s’est doté du Caimca, un centre de prise en charge intégrale de la femme caribéenne. Cette prise en charge globale contribue à rétablir les structures de santé dans leur rôle d’institution de contrôle social, dont la présence est nécessaire pour limiter le développement de la violence La construction de ce réseau permet également de relayer le message, via les médias traditionnels, des actions de lobbying, le recrutement et la formation de bénévoles (femmes relais, juges, etc.).

Offrir un secours durable aux victimes

VIOLENCE FAMILIALE / Médecins du Monde et les institutions associées au projet contribuent à prévenir et à diminuer la violence familiale et sexuelle dans la région de Puerto Cabezas. Afin d’offrir un suivi de qualité aux victimes, le réseau s’est doté du Caimca, un centre de prise en charge intégrale de la femme caribéenne.

Ofelia ne quitte plus son petit Tambo des yeux. Un regard tendre sous forme de victoire pour le personnel féminin du Caimca. Battue par son compagnon, l’Amérindienne miskita avait perdu jusqu’à sa dignité de mère. « Elle avait délaissé Tambo, son fils de 14 mois, confirme Shira Miguel, coordinatrice du Caimca. Quand il est entré au centre, il souffrait de malnutrition sévère et présentait des signes de maltraitance. Tambo n’était même pas enregistré à l’état civil.» Entre janvier et octobre 2007, la police de Puerto Cabezas a enregistré 1 062 plaintes pour violence physique. La faute au machismo, dérive d’une masculinité exacerbée. Ajoutez-y el licor et la piedra, entendez rhum blanc et krak, vous obtiendrez un cocktail détonant d’agressions verbales, physiques et sexuelles. Pour l’éloigner de son conjoint, le Caimca héberge Ofelia depuis plusieurs semaines. « Ainsi, en les accueillant durablement dans la résidence du centre, nous prenons le temps de soigner les victimes, de les aider à prendre conscience de leurs droits», souligne Shira. Ofelia avait porté plainte à plusieurs reprises pour, chaque fois, se rétracter. Jusqu’à ce jour où la police l’a découverte chez elle, le corps tuméfié. Le département juridique du Caimca a pris le relais. « Quand la police dirige les victimes vers le Caimca, nous agissons immédiatement, explique Shira, avocate de métier, pour éviter le repentir. Car beaucoup, dépendantes de l’agresseur, économiquement et psychologiquement, retirent leur plainte. Si elles le souhaitent, nous les accompagnons tout au long de la procédure juridique. »

Une pluridisciplinarité garante d'efficacité

À l’étage, Denise Stigol, le médecin du centre, reçoit, quant à elle, jusqu’à 30 patientes par jour. Une fréquentation importante parce qu’elle a ouvert son cabinet non seulement aux victimes, mais aussi à toutes les femmes, aux adolescents et aux enfants. L’intérêt est double pour Denise : « D’une part, nous ne voulons pas stigmatiser les victimes de violence domestique. C’est aussi un moyen de détecter les cas de maltraitance car les patientes n’osent pas toujours parler. D’autre part, afin de contribuer au financement du Caimca, les consultations sont payantes et nous vendons les médicaments. Tout ça bien moins cher que dans les cliniques privées. » Depuis peu diplômée de médecine légale, la doctoresse rédige des certificats médicolégaux, présentés aux procès comme preuves de l’existence et de l’exercice de violence. Une gynécologue de l’hôpital travaille également quelques heures par jour au centre pour dépister les MST et le cancer du col de l’utérus et, si nécessaire, donner les traitements appropriés. La psychologue du centre, Ivette Pineda, a été formée pour pouvoir délivrer des diagnostics psychologiques légaux. Un progrès capital : «Pour toute la région, il n’y avait qu’un expert médico-légal, explique la jeune praticienne, qui plus est un homme auquel peu de femmes osaient se confier, et aucun expert pour les diagnostics psychologiques légaux.» Ivette organise des psychothérapies de groupe et reçoit les victimes individuellement. Plus rarement les agresseurs. Beaucoup d’hommes refusent toute thérapie, voire la simple médiation. L’une des femmes-relais, dans les quartiers, Doña Juana, arrive au Caimca pour présenter un cas : « Une muchacha frappée par sa mère et sa grand-mère à San Judas. Je l’ai convaincue de passer au centre dans la matinée. » Ces femmes-relais, à l’instar des juges de quartiers, des représentants élus par les habitants, sont formées au Caimca pour la détection et la prévention des cas de maltraitance domestique.Le réseau de bénévoles (18 promotoras, 33 juges), véritable quadrature du cercle, devrait s’étoffer. Une gageure, en effet, car Médecins du Monde et ses partenaires visent désormais les communautés indigènes les plus isolées de la région. Sans doute aussi les plus affectées.

S'unir contre la violence familiale et sexuelle

VIOLENCE FAMILIALE / À Puerto Cabezas, la réussite du projet repose sur la construction permanente d’un réseau de compétences variées. D’où la conclusion de partenariats solides avec les institutions locales. Après notre retrait en 2010, nos partenaires géreront le réseau.

« C’est une expérience unique dans la région, confie le docteur Eldo Law, directeur de la polyclinique de la municipalité, associé au projet. Les initiatives pour répondre au problème endémique de la violence s’étaient révélées insuffisantes. Le réseau apporte une meilleure coordination entre les acteurs locaux. » Le collectif – baptisé Réseau de prise en charge des victimes de violence intra-familiale et violence sexuelle – est né en 2006, sous l’impulsion de MdM et de plusieurs mouvements féministes historiques comme Nidia White. L’idée : fédérer, via notre soutien financier et logistique, l’expérience et les compétences de chaque institution associée (publique et associative) afin d’améliorer la prise en charge globale des victimes de violence domestique. Ainsi, les engagements communs, formalisés sous forme de conventions, sont régulièrement actualisés pour inclure les nouveaux partenaires. « Difficile parfois d’impliquer tous les acteurs, constate Diane Maraval, coordinatrice MdM Nicaragua, surtout quand le personnel change souvent. » Côté social, outre la Red de Mujeres contra la violencia, une fédération de 150 associations féministes, la Ligue locale des droits de l’Homme (Cedehca) et le ministère de la Famille ont rejoint le collectif. Autre acteur pionnier et incontournable : la Comisaria de la mujer y la niñez ou Police des femmes et des mineurs qui, dès sa création en 1993, a affiché sa volonté de traiter tous les aspects sociaux de la problématique. Cette instance spécialisée de la police nationale, qui reçoit les plaintes et dénonciations de cas de violence familiale et sexuelle, emploie une assistante sociale, une psychologue et des femmes policiers qui mènent les enquêtes. Enfin, les étroites relations entre MdM et les partenaires de la santé publique et privée, comme le ministère de la Santé, l’hôpital et la polyclinique de Puerto Cabezas, ont abouti à un meilleur suivi des patients. À notre arrivée, par exemple, aucun centre de santé de la région ne disposait de registre spécifique pour relever les cas suspectés et réels de violence.

(Photos: Stéphane Lehr)

Notre action

PRINCIPAUX OBJECTIFS

Éradiquer la violence familiale et sexuelle suppose d’assurer durablement la prise en charge médicale, juridique et sociale des victimes, de sensibiliser sans relâche les populations. Dans le cadre du Plan national pour la prévention de la violence (2001-2006), nous avons créé et renforcé notre réseau pluridisciplinaire. À terme, nous visons les communautés indigènes et une reprise des activités par nos partenaires en 2010.

MOYENS APPORTÉS

MdM finance la réhabilitation, la logistique et les ressources humaines du centre Caimca. À noter, notre appui logistique et le don de médicaments dans les communautés après le passage de l’ouragan Félix en 2007. Le réseau s’efforce de relayer le message via les médias traditionnels, des actions de lobbying, le recrutement et la formation de bénévoles (femmes-relais, juges, etc.).

ACTIVITÉS ACTUELLES

Le Caimca offre un panel important d’activités : consultations générales, dépistage des MST et des cancers du col de l’utérus, traitements gynécologiques et psychologiques, vente sociale de médicaments, stages de formation, réunions d’information pour le personnel et la population masculine.

FICHE PAYS

EN CHIFFRES

1998 : L’ouragan Mitch tue 3000 Nicaraguayens.

2001 : Lancement du Plan national pour la prévention de la violence.

2006 : Daniel Ortega, leader sandiniste historique, est élu président de la République. 2,3 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (pour 5,8 millions d’habitants).

2007 : L’ouragan Félix tue 300 indigènes dans les communautés de la RAAN.

74,2%
C’est la part de femmes victimes de violences conjugales dans la ville caribéenne de Puerto Cabezas, d’après une étude régionale publiée en 2004 (échantillon étudié : 465 femmes entre 15 et 49 ans des diverses ethnies de la région.)

"Je veux étudier pour être indépendante plus tard”

« Mon père abusait de moi quand ma mère travaillait sur les marchés. Je n’osais rien dire car il disait que tous les pères faisaient ça et qu’il me tuerait si je parlais. J’avais peur car il battait ma mère et lui volait tout l’argent pour boire et se droguer. Quand ma grand-mère s’est aperçue de ma grossesse, j’ai d’abord nié mais elle m’a forcée à avouer et m’a amenée à la police pour porter plainte. Ils m’ont dit de me rendre au centre d’accueil. Là-bas, j’ai compris que je n’étais pas seule et que j’avais des droits. Puis, c’était bien, car je pouvais regarder la télé tous les jours ! Depuis, comme mon père s’est enfui au Honduras, j’ai pu quitter l’auberge du centre. Je vis dans le village de ma mère pour m’occuper de mes sept petits frères. J’ai hâte maintenant de retrouver l’école et mes amis à Puerto Cabezas. Ma vie reste là-bas et j’ai tellement de projets pour l’avenir ! »


Interiview de Diane Maraval, coordinatrice MdM Nicaragua

Quelles réalités et difficultés rencontrez-vous sur le terrain ?

D. M. : La région est très isolée du reste du pays. Je l’ai constaté après le passage de l’ouragan Félix. Nous avons dû mettre le projet entre parenthèses, le temps d’apporter, avec d’autres ONG, l’aide d’urgence aux populations les plus démunies. Les moyens manquent à tous les niveaux. Les professionnels locaux, en sous effectif, sont débordés et beaucoup sont, eux-mêmes, victimes de violence familiale. Cette violence reste culturelle et tant ancrée dans les esprits qu’il est difficile de faire évoluer les mentalités.

Des résultats concrets ?

D.M. : Les partenaires sont satisfaits du travail accompli, ce qui nous offre une vraie légitimité dans la région. Les institutions dirigent désormais les victimes vers le Caimca. Nous avons enregistré aussi une augmentation de la fréquentation à la suite d’une active communication notamment par le biais de brochures ou de messages transmis grâce à la radio.

PRISE EN CHARGE GLOBALE DES VICTIMES DE VIOLENCES INTRA-FAMILIALES ET SEXUELLES

Puerto Cabezas, Région autonome de l’Atlantique Nord (RAAN) - programme long terme

LES ACTIVITÉS

MdM a mis en place un réseau pluridisciplinaire regroupant des partenaires associatifs et institutionnels pour la prise en charge médicale, juridique et sociale des victimes de violences. L’association a également formé et sensibilisé des professionnels de santé et des relais issus d’associations et de la société civile pour améliorer l’identification et l’orientation des cas de violences. Elle a mis en place un système de prise en charge thérapeutique médicale des victimes, et organisé des ateliers de formation et des activités de sensibilisation destinés à la population masculine afin de sensibiliser celle-ci à de nouvelles formes de relations familiales, fondées sur le respect de la dignité et des droits de chaque personne.

LES RÉSULTATS

3 096 personnes ont bénéficié des activités (femmes, enfants, adolescents, leaders communautaires,
personnels de santé, ONG locales).

LES PERSPECTIVES

Fin juin 2010, MdM a finalisé la passation du projet aux partenaires locaux membres du réseau. MdM prévoit de prolonger son action dans la région avec un nouveau projet en faveur de l’accès des femmes à la santé sexuelle et reproductive.

  Espérance de vie : 73,8 ans
IDH : 0.565 ; rang : 115/169 *
Population
Bénéficiaire : 3 096
Cible: 10 000
Personnel
National : 3
International : 1
Responsables :
Mission : Robert Chaluleau et Margarita Gonzalez
Terrain : Carmen Rodriguez
Siège : Ernesto Herrera

Sources de financement : AFD, MdM, Junta de
Andalucia

Budget 2010 : 112 368 €

LUTTER CONTRE LE CANCER DU COL DE L'UTÉRUS

Quilali, département de Nueva Segovia - programme long terme

LES ACTIVITÉS

Depuis octobre 2007, MdM aide à former le personnel de Quilali et de San Bartolo pour dépister et traiter les lésions précancéreuses du col de l’utérus. Un médecin et trois infirmières ont ainsi été formés. Les consultations et le traitement sont réalisés lors de consultations mobiles dans les villages, afin de toucher le plus grand nombre possible de femmes.

LES RÉSULTATS

Plus de 5 619 frottis réalisés (4 023 pour la première fois et 1 596 pour contrôle), 313 lésions précancéreuses du col dépistées et traitées. 5 femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus avancé ont été diagnostiquées et évacuées vers la capitale pour y être soignées.

LES PERSPECTIVES

L’équipe est maintenant autonome et le ministère de la Santé a repris le programme. La lutte
contre le cancer du col de l’utérus est devenue une priorité nationale.

  Population
Bénéficiaire : 4 023 femmes
Cible : femmes de plus de 25 ans du municipio de San Bartolo et de Quilali
Personnel
National : 1
International : 1
Responsables :
Mission : Anne-Marie Lechartier, William Sampietro
Suivi : DR Aquitaine
Sources de financement : MdM

Mai 2011

* Source : Pnud 2010