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Urgence inondations

Depuis le 30 juillet Médecins du Monde a déployé 2 équipes médicales mobiles couvrant 50 000 personnes, à Nowshera, Charsadda et poursuit ses actions antérieures à Swabi et Kohat. (Programme aide humanitaire aux populations déplacées suite aux opérations militaires. )

Ces équipes mobiles, ont pour vocation de renforcer 3 centres de santé primaires où le nombre de consultations a explosé.

En termes de santé, il apparaît que les besoins principaux se situent sur :

  • le renforcement des structures de santé mises en difficulté suite aux inondations
  • le traitement de cas de diarrhées aigües dont le nombre augmente considérablement
  • la prévention et l’anticipation d’épidémies, comme le choléra et à moyen terme la malaria

Inondations au Pakistan

© Shezad Jameel (Emergency Field Coordinator)

Depuis le 30 juillet, l’arrivée de la mousson a provoqué des inondations dans toute la vallée de l’Indus. Notamment dans les provinces du KPK (Nord ouest du Pakistan), où Médecins du Monde apporte depuis 2009 une aide humanitaire aux populations déplacées suite aux opérations militaires. Les inondations touchent également le Penjab, le Balouchistan et les "zones tribales" pakistanaises.

C’est le plus grand épisode d’inondations depuis 1929.

Les derniers bilans sont alarmants. On dénombre plus de 1600 morts ou portés disparus, la majorité dans la province du KPK, et près de 14 millions de sinistrés. Dans la région du KPK, 90% des habitations ont été « totalement ou partiellement inondées ». « Les structures de santé sont paralysées, les cas de diarrhées ont doublé par rapport à la période avant inondations » rapporte notre équipe.


01 octobre 2010 :

Les actions humanitaires de MdM se déroulent dans les districts de Nowshera, Charsadda, Kohat, Swabi Buner et bientôt Hangu.Ces différents activités dans le KPK sont mises en œuvre par une équipe d’environ 230 personnes dont près de 100 ont été recrutées suites aux inondations.

Sur la base des priorités de santé, MdM a décidé de développer la réponse suivante :

  • déployer 2 équipes médicales mobiles sur les districts de Nowshera et Charsadda qui réalisent aujourd’hui près de 250 consultations par jour.
  • renforcer les équipes présentes sur le district de Kohat
  • mettre en place, à la demande des autorités sanitaires (MoH et OMS), un centre de prise en charge des diarrhées à Kohat qui a traité 2008 cas dont 355 sévères.

Le programme vise environ 20000 bénéficiaires directs en matière de consultations d'ici fin octobre.


Etat des lieux au Sud du Pakistan

Un état des lieux des besoins dans les zones du Sud du Pakistan (sur Penjab, et Sindh) a été mené. A ce jour, il a été conclu que la situation était certes toujours préoccupante, mais que les besoins en matière de santé étaient couverts.


Equipes MdM

Au Pakistan, Médecins du Monde a une équipe nationale composée de 192 personnes. Parmi l'équipe locale, certaines personnes travaillaient déjà avec MdM lors du tremblement de terre de 2005.

Personnel national médical et logistique : 185 (106 avant les inondations)
Personnel médical et logistique venu de France : 7


Activités

Médecins du Monde a déployé deux équipes médicales mobiles couvrant 50 000 personnes, à Nowshera, Charsadda et poursuit ses actions antérieures à Swabi et Kohat. (Programme aide humanitaire aux populations déplacées suite aux opérations militaires. )

Ces équipes mobiles ont pour vocation de renforcer 3 centres de santé primaires où le nombre de consultations a explosé.

En termes de santé, il apparaît que les besoins principaux se situent sur :

  • le renforcement des structures de santé mises en difficulté suite aux inondations
  • le traitement de cas de diarrhées aigües dont le nombre augmente considérablement
  • la prévention et l’anticipation d’épidémies, comme le choléra et à moyen terme la malaria


Semaine du 9 août 2010.

Depuis le début de la semaine dernière dans les zones inondées où agit Médecins du Monde « nous avons vu en consultation plus de 3000 personnes » (1424 hommes, 1622 femmes et 477 enfants de moins de 5 ans).

Les équipes enregistrent une moyenne de 250 consultations par jour (Il y avait 100/120 consultations sur les cliniques mobiles avant les inondations)

Les pathologies les plus fréquentes :

  • 1/ Les maladies dermatologiques : Dues notamment aux eaux contaminées et problèmes d’hygiène.
  • 2/ Infections respiratoires : Augmentation due à de l'eau contaminée et au temps humide.
  • 3/ Diarrhées : Le taux de cas de diarrhée aigue a été multiplié par deux avec les inondations.


Activités des cliniques mobiles


© Shezad Jameel (Emergency Field Coordinator)

Les difficultés d’accès à l’eau potable rendent les risques d’épidémies, surtout le choléra, plus importants.

« Dans ces zones, où 90% des habitations ont été sévèrement endommagées et où les structures de santé sont paralysées, les cas de diarrhées ont doublé par rapport à la période avant inondations. » explique notre coordinateur médical, Yudi Siswanto. « Ces cas représentent plus de 15 % des consultations ».

Dès les premiers jours des inondations MdM à apporté des soins de santé primaires aux populations sinistrées.

« Plus de 1200 personnes ont reçus des soins lors des premières heures de l’intervention de Médecins du Monde. »

« Deux enfants souffrant de déshydratation, de diarrhée, ont reçu une perfusion sur notre clinique mobile, ils ont retrouvé leur santé. »

« Des femmes enceintes bénéficient d’un suivi prénatal et postnatal.»
Comme la chaîne du froid dans les centres de santé ne fonctionne plus, les programmes de vaccination ne sont plus assurés. « 131 enfants sont vaccinés sur les cliniques mobiles, contre la rougeole et la poliomyélite ces derniers jours. On fournit aussi de la vitamine A aux enfants souffrant de carence. »

« A moyen terme il y a un risque de malaria. L'eau stagnante est l'endroit le plus approprié pour la prolifération de moustiques. Les femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans, sont les groupes les plus vulnérables face à cette maladie. Médecins du Monde devrait distribuer des « kits de prévention » à 600 familles. »


D’ici quelques jours


  • Ouverture d’un centre de traitement des maladies diarrhéiques

Médecins du Monde travaille à l’ouverture d’un centre de traitement des maladies diarrhéiques dans un hôpital de Kohat, en supplément d’un renforcement des activités de santé primaires.

  • Notre ONG envoie un fret avec, 650kg de médicaments, des « lits choléra » et du matériel de traitement de l'eau (kits « eau potable »)
  • Ce week-end (14 août 2010) une équipe médicale et logistique va rejoindre le Pakistan et renforcer notre équipe.


Nos programmes humanitaires au Pakistan.


  • Depuis l’été 2009, Médecins du Monde apporte une offre en soins de santé primaires dans la province du Kyber-Pakhtunkhwa (KPK) - Nord-Ouest du Pakistan. Cette aide humanitaire a été mise en place suite au plus grand déplacement de population que le Pakistan ait connu depuis sa création, provoqué par l’offensive militaire lancée contre des groupes militants.
    Un an plus tard, cinq équipes mobiles travaillent auprès des personnes affectées par la crise, sur trois districts (Swabi, Buner et Kohat), et délivrent près de 250 consultations par semaine et par équipe.
  • Depuis 2004, MdM appuie des centres sociaux pour femmes (soutien à 35 Dar-Ul-Aman en 2009) en proposant une aide médico-légale, psychologique et sociale.
  • En 2005 et 2006, MdM a porté secours aux victimes du tremblement de terre, qui avait secoué le KPK ( ex NWFP), par la mise en place d’actes médico-chirurgicaux, puis par un soutien au système public de soins dans la vallée de Kaghan jusqu’en décembre 2006.


17 Août 2010


Les hostilités entre les militants pro-talibans et l’armée pakistanaise ont provoqué, en mai 2009, le déplacement de 2,5 millions de personnes dans l’ensemble de la vallée de Swat, dans le nord-ouest du Pakistan. L’association a aussitôt mis en place des cliniques mobiles et est venue en aide au personnel de l’hôpital de Swabi.

L’accès aux soins étant dégradé dans cette zone, MdM maintient un accès à la santé,avec des consultations médicales ainsi qu’avec un volet nutrition, un volet d’éducation à la santé et un volet de sensibilisation à la santé communautaire. Les équipes demeurent par ailleurs prêtes à réagir à d’autres crises qui pourraient secouer la région.


Juin 2010



Interview de Raphaël Bonnaud, coordinateur général du programme d’urgence au Pakistan.


Quelle est la situation géopolitique de ce pays ?

Le Pakistan est un pays qui a acquis son indépendance récemment en 1947, et qui est en pleine construction. Il est en recherche d’une identité religieuse. Ces dernières années, on a assisté à la montée en puissance d’extrémistes religieux qui commencent à poser des problèmes sécuritaires importants pour la stabilité des régions comme celles du nord du pays à la frontière de l’Afghanistan mais aussi pour l’état pakistanais en lui même. C’est un pays d’Asie du Sud, qui a de bons indicateurs de développement, comparé à la région où MdM agit, mais qui se retrouve face à des problèmes de sécurité qui affectent grandement les populations surtout dans l’accès aux soins.


Quels sont les activités de MdM sur place ?

Les activités de MdM comprennent deux volets : le premier, ouvert il y a plusieurs années à Lahore dans la région du Penjab, assure la prise en charge des femmes et de leurs enfants victimes de violences. Suite au tremblement de terre en 2005, MdM a agit auprès des populations victimes et s’est retiré petit à petit après la fin du tremblement et de ses effets. Aujourd’hui, MdM est sur un programme dans le nord du pays dans la province du Kyber-Pakhtunkhwa (ex Province de la Frontière Nord Ouest). Il consiste à répondre aux crises successives dues aux conflits armés. Les populations déplacées sont très fragiles d’un point de vue sanitaire, et ont difficilement accès aux ressources basiques comme l’eau ou autres denrées alimentaires. Le rôle de MdM est d’essayer de suivre les différentes crises, d’aller au plus proche des populations déplacées mais aussi des communautés hôtes, pour pouvoir travailler principalement sur les soins de santé primaire. Nous ajoutons des composantes de nutrition surtout pour les enfants de 6 mois à 59 mois, qui sont souvent dans des états de malnutrition modérée ou sévère aigue. Nous essayons aussi de nous attacher à des problématiques un peu plus délicates, comme les soins pré et postnataux, mais aussi l’immunisation pour les enfants et femmes enceintes. Pour être au plus proche des communautés, nous travaillons au travers de cliniques mobiles, ce sont des unités de 10 à 12 personnes, qui se déplacent dans les zones sensibles en bordure des zones de conflit, pour pouvoir aller au plus près des populations et essayer de réagir aux principaux déplacements.


Quels liens avez-vous tissé avec les populations locales ?

Les rapports avec les populations locales sont généralement très bons. Nous travaillons dans une zone où la population est majoritairement Pashtun, et qui garde des liens très forts avec l’Afghanistan car elle se retrouve des deux côtés de la frontière. En général, MdM est très bien reçu de par les services apportés aux populations très fragilisées qui ont vécu un choc; quitter une région et ses attaches pour trouver une sécurité dans une autre région, est souvent très difficile. Par contre, en tant qu’ONG internationale, MdM rencontre des problèmes de sécurité avec des groupes militants extrémistes, des pensées fondamentalistes, qui rejettent l’aide aux populations que n’importe quelle ONG peut apporter.


Quels sont vos rapports avec les pouvoirs publics ?

L’Etat pakistanais a l’emprise sur la plus grande partie de son territoire, à part quelques zones en conflit actuellement. Nous travaillons avec les autorités, mais il faut savoir qu’au Pakistan, l’armée est aussi confrontée à des ingérences politiques. On aimerait bien être plus rapide dans nos réponses, quand c’est possible d’un point de vue sécuritaire, pour anticiper et suivre les flux migratoires de déplacements de populations, ce qui est souvent rendu très difficile par le gouvernement et les forces armées qui limitent l’accès aux populations. C’est une composante que nous essayons de prendre en compte.


Arrivez-vous à travailler sans droits de regard de la part des autorités pakistanaises ?

Oui en soins de santé nous avons la chance de pouvoir travailler assez librement avec les populations, pour cela nous évitons d’avoir des listes de bénéficiaires ou des noms, car l’armée peut demander ces listes pour rechercher d’éventuels militants, taliban, membres de groupes armés. Nous essayons de respecter l’anonymat de toutes les personnes qui viennent en consultations, justement pour pouvoir améliorer notre accès à ces populations.


Avez-vous des chantiers en cours ou des programmes pour les mois ou années à venir ?

La stratégie de MdM est de continuer à suivre les crises, j’espère qu’il n’y en aura pas plus, mais les faits politiques récents nous montrent que les crises continueront au Pakistan et en Afghanistan, les liens géopolitiques sont très étroits, la situation en Afghanistan est directement liée au Pakistan et vice versa. Nous allons continuer à répondre à ces crises multiples tout en accompagnant les populations après la crise pour leur permettre de repartir sur des bases saines. Nous nous intéressons aussi aux catastrophes naturelles, pour être capable, si besoin est, d’y répondre.


Propos recueillis par Guillaume Gomis.

>> Retrouvez l’interview audio de Raphaël Bonnaud sur l’antenne de Radio Solidaire, en cliquant ici.


Juin 2010


Pakistan

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