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Camp Rom du Quai de St Ouen : Nouvelles menaces d’expulsions
A partir du 31 mars, le terrain rom du quai de Saint-Ouen, installé par MdM en mai 2009, sera à nouveau expulsable, alors que, depuis 9 mois, la stabilité a favorisé l’intégration des familles
| A partir du 31 mars, le terrain rom du quai de Saint-Ouen, installé par MdM en mai 2009, sera à nouveau expulsable. Pourtant, depuis 9 mois, les associations ont pu, grâce à la stabilisation des familles sur ce terrain, effectuer un travail de fond permettant de les intégrer dans un parcours scolaire et médical. |
En mai 2009, Médecins du Monde, avec l’aide d’autres associations, avait installé un « camp de déplacés » d’urgence quai de St-Ouen, à St-Denis, pour une centaine de Roms, épuisés par les expulsions à répétition et choqués par un incendie ayant coûté la vie d’un enfant. L’Etat avait alors porté plainte contre MdM pour occupation illégale d’un terrain.
En juillet 2009, le tribunal de Bobigny rejetait la demande d’expulsion, reconnaissant la situation d’urgence et la légitimité de l’action humanitaire menée par l’association.
En septembre 2009, les Roms étaient assignés en référé au Tribunal de Grande Instance de Bobigny pour occupation illégale de terrain. Le TGI a donné raison à la préfecture mais accordé aux Roms un délai pour quitter le terrain. Ce délai expire le 31 mars 2010.
Une soixantaine de personnes vit encore sur le terrain de Saint Ouen, dont la moitié de mineurs. Depuis 9 mois, cette stabilisation a permis d’assurer un suivi médical continu des familles ainsi que la scolarisation des enfants.
- Le suivi médical : les équipes de MdM ont pu assurer le suivi de 58 personnes et ouvrir des droits à l’Aide Médicale d’Etat (AME) pour 25 adultes et leurs enfants. 11 enfants ont été vaccinés et des séances d'information et de médiation ont permis aux habitants du terrain de comprendre et d’intégrer les dispositifs de droit commun.
- L'accompagnement social des enfants : 9 enfants ont pu être scolarisés par l’association ASET : 3 en maternelle et 6 en primaire. Un lien permanent avec les directeurs des écoles a été établi. 10 mineurs ont pu être suivis par l’association Hors la Rue et l’un d’entre eux a pu s’inscrire en formation professionnelle. 20 enfants bénéficient de séances d’animation et de sorties socio-culturelles assurées régulièrement par l’association Parada.
Malgré ces résultats positifs flagrants, à partir du 31 mars, les Roms du quai de Saint-Ouen risquent une nouvelle fois d’être expulsés sans autre solution. Cela entrainerait des ruptures de soins, mettant en danger la santé des personnes, la rupture de la scolarisation des enfants et ruinera le travail de suivi des associations.
A l’échelle nationale, les équipes de Médecins du Monde intervenant sur les terrains roms à Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Strasbourg, Lyon et Nancy constatent également que les expulsions qui menacent à nouveau les terrains risquent d’entraver le travail des associations et rendront plus difficile le suivi médical d’une population déjà très fragilisée.
