En France, le nombre des sérologies positives confirmées au VIH est estimée à 0,21% en 2007 mais il existe de grandes disparités selon les régions. Les plus touchées restent la Guyane, la Guadeloupe et l’Ile-de-France.7
La région Caraïbe, qui comprend le département de la Guyane, est la seconde région au monde la plus touchée par l’épidémie après l’Afrique et la Guyane connaît le taux de prévalence le plus élevé de France. Selon les critères de l’OMS, avec 1,3% de prévalence du VIH chez les femmes accouchées à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, le département est en situation d’épidémie généralisée.
La Guyane est marquée à la fois par un sous encadrement médical généralisé et par une large disparité dans la répartition de la population sur le territoire, des voies de communications et des structures sanitaires. Une large part de la population n’a que difficilement accès au système de santé et certaines populations se retrouvent enclavées et échappent aux politiques de lutte contre le VIH. Enfin, le contexte de fortes migrations de populations précaires se révèle être un facteur majeur de retard au dépistage du VIH.
En Guyane plus encore qu’en métropole, la part des personnes prises en charge tardivement est importante. Ce retard concerne 40 % des personnes qui entrent dans le système de soins8, ce qui nécessite une politique de dépistage plus large et l’assurance d’un lien direct avec l’accès aux soins. Dans ce département, plus de 10% des patients sont également « perdus de vue » chaque année par les soignants9. L’utilisation des tests de dépistage rapides pourrait permettre de limiter ce phénomène et d’orienter plus rapidement les personnes dépistées vers les traitements.
Cette situation d’urgence doit influencer les stratégies de dépistage. En février 2008, un rapport du Conseil national du sida (CNS) sur la politique de lutte contre le VIH en Guyane préconisait une approche spécifique de l’épidémie plus volontariste et reposant entre autres sur la banalisation du dépistage du VIH et le recours aux tests rapides10.
| La mise en place de nouveaux lieux de dépistages, avec l’utilisation des tests rapides doit se développer en Guyane. Depuis les recommandations de l’HAS de 2009 et les préconisations du CNS pour la mise en place des tests rapides, leur utilisation comme outil de dépistage volontaire n’est toujours pas autorisée. C’est dans ce contexte d’urgence que Médecins du Monde proposera dès le début de l’année 2010, et en accord avec le COREVIH Guyane, des tests rapides de dépistage du VIH aux patients se rendant dans le centre de soins de MdM de l’Ile de Cayenne, en Guyane. |
7 BEH 45-46/ 1° décembre 2008
8 L’épidémie d’infection à VIH en Guyane : un problème politique, CNS 2007.
9 http://www.corevih.org/index.php?option=com_content&view=article&id=65&Itemid=53
10 Avis suivi des recommandations sur la politique de lutte contre l’’épidémie d’infection à VIH en Guyane, CNS, 21 février 2008

