MDM ESPAGNE - SIDA : Les tests de dépistage rapide pour les plus précaires - France - Dossiers de presse - Presse - Association - ONG - Médecins du Monde

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MDM ESPAGNE





LES TESTS RAPIDES VIH :

nouvelle porte d’entrée dans le soin

Selon un bilan du 1er semestre 2009 concernant les tests rapides utilisés par certaines équipes de Médecins du monde Espagne dans des unités mobiles, 11% des personnes rencontrées (514) ont souhaité faire un test de dépistage VIH (77% de femmes, 14% hommes et 9% transgenres). Parmi elles, 54% ne voulaient pas aller dans un centre de dépistage de droit commun et ont donc pu bénéficier du test rapide. En ce qui concerne les personnes qui n’ont pas souhaité faire de test de dépistage, une grande majorité (74.5%) explique qu’ils n’en ressentent pas le besoin. Cela démontre la nécessité de mieux informer et de continuer les efforts d’orientation vers le dépistage.

Les résultats des tests rapides ont révélé 2.48% de séropositifs. Pour 57% il s’agissait d’hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, pour 29% de personnes exerçant la prostitution et pour 14% d’usagers de drogues.

Depuis l’offre de tests rapides, les usagers des antennes mobiles concernées par ce programme demandent plus souvent à être dépistés : les équipes ont pu au seul 1er semestre 2009 faire faire autant de dépistages VIH que pour toute l’année 2008.

Si beaucoup d’usagers des programmes décident d’aller dans le réseau de droit commun une petite majorité ne veut pas y aller.

L’initiative des tests rapides contribue à obtenir de nouveaux diagnostics pour les populations qui n’ont que difficilement recours au réseau de droit commun et méconnaissent leur statut sérologique.

Les équipes de Médecins du monde Espagne insistent pour orienter prioritairement les usagers vers le dispositif de droit commun afin qu’ils soient autonomes dans le système de soins mais grâce à la proposition des tests rapides, en deuxième intention, la porte reste ouverte vers une autre entrée dans le système de soins au travers du dispositif Médecins du monde.


Prévention de la transmission mère-enfant


MOZAMBIQUE

Renata est née à Maputo il y a 35 ans. À la fin 2007, en apprenant qu’elle était à nouveau enceinte, elle alla au centre de santé pour faire un dépistage, et on lui apprit qu'elle était séropositive. Elle parla avec son mari, mais il ne voulut pas en entendre parler, et il refuse jusqu'à présent de faire le test du VIH. Tout ce qui lui importait était que le bébé soit un garçon, car il n'avait alors que des filles.

Son long parcours commença au moment de sa dernière grossesse : sans emploi, sans argent, avec deux filles et « avec la maladie », comme disent les gens ici lorsqu’ils ont le VIH/sida, elle dû lutter pour vivre et pour que son fils n’attrape pas la maladie. Elle était disposée à faire tout ce qu’on lui disait à l’hôpital pour éviter cela. On lui fit un test de CD4 pour connaître ses défenses contre le virus, et le résultat fut de 34. Il s'agit d'un niveau extrêmement bas, puisqu'en deçà de 250 un traitement doit être entrepris, et elle devait en plus surveiller sa grossesse et l'accouchement.

Renata allait chercher à manger au magasin où Médecins du Monde facilite le soutien alimentaire pour les personnes séropositives qui suivent un traitement antirétroviral, et qui font partie du programme de l’ONG de soins à domicile pour les personnes ayant le VIH et le sida.

La médecin de Médecins du Monde qui travaille sur le projet lui a expliqué qu’elle devait aller à l’hôpital pour avoir son bébé, qu’il y avait de nombreux risques pour le bébé s’il naissait à la maison, et qu’à la naissance le bébé recevrait de la névirapine pour ne pas attraper le virus. Renata lui répondit : « Je sais que je vais mal, docteur, je sais que je peux mourir, mais je sais aussi que je vais supporter l’accouchement. »

Trois mois plus tard, la médecin est venue voir Renata qui faisait la queue à la distribution alimentaire pour les personnes atteintes du VIH. Elle était avec son bébé, qu’elle avait appelé Luck (Chance). Renata expliqua à la médecin que les contractions avaient commencé subitement, et qu’elle avait eut son enfant à la maison, avec l’assistance de sa soeur. Le placenta toujours dans son corps, elle s’était rendue à l’hôpital et le bébé avait eu de la névirapine. Un test déclara ultérieurement que le bébé était séronégatif.

Elle sait maintenant qu’elle ne peut l’allaiter ; elle l’a allaité jusqu’en décembre, jusqu’aux six mois de Luck. Elle ne peut pas l’allaiter plus longtemps, parce que le bébé pourrait contracter le virus si, avec ses dents, il blessait la poitrine de sa mère. L’idéal, dans de tels cas, est de donner du lait maternisé dès le début, mais au Mozambique seules 4 % des femmes séropositives qui ont un enfant peuvent opter pour l’allaitement artificiel. Dans 96 % des cas, les familles n’ont pas l’argent et les mères doivent allaiter au cours des premiers mois.

Son CD4 est maintenant de 190, ce qui signifie que le traitement fait de l’effet, et que même si elle court toujours le risque d’attraper des infections, son organisme lutte pour vaincre la maladie.


NAMIBIE

Eugenia vit avec le VIH depuis 8 ans. Elle ne reçoit aucun traitement et est mère de quatre enfants.


En décembre 1999, j’ai eu la tuberculose. Les médecins m’ont dit que je pouvais être séropositive. Finalement les résultats furent négatifs, mais j’ai eu peur de ce qu’ils m’ont raconté à propos du VIH. Qui prendrait soin de moi ? » « En mars 2000, j’ai terminé le traitement contre la tuberculose et suis tombée enceinte de mon 4ème enfant. Au cours de la grossesse, ma relation n’allait pas bien et j’ai su qu’il y avait des rumeurs disant que notre couple était séropositif. Au cours de la grossesse, j’ai eu de la fièvre et de la diarrhée mais ne cela ne m’a pas préoccupée parce que je croyais que cela était normal. Je ne suis allée à l’hôpital qu’à la fin de ma grossesse. En novembre 2001, j’ai donné naissance à un bébé que j’ai appelé « Tia », qui signifie « Elle est mienne ». Ma soeur m’a dit que je devais faire un test du VIH avant d’allaiter mon enfant. J'ai finalement fait un dépistage le 7 novembre, et j'ai reçu les résultats une semaine plus tard. Je me souviens du matin du 14 novembre quand le téléphone a sonné. C’était un ami qui m'a dit : « Tes résultats sont arrivés du laboratoire, tu dois venir. » Quand je suis arrivée à l’hôpital, une infirmière m'a dit que les résultats du VIH étaient positifs. Je l’ai laissée, les résultats à la main, pour les lire seule. Je ne pouvais pas y croire. J’ai pensé à mon bébé, je me demandais si elle serait malade. Je m’inquiète souvent pour son état de santé, mais je n’ai pas eu le courage jusqu’à présent de lui faire faire un test du VIH. Elle a maintenant huit ans. Je ne sais pas comment elle réagira le jour où elle grandira et qu’elle décidera d’aller faire un test du VIH, ce qu’elle pensera de moi. J’espère qu’elle comprendra que j’avais peur et que je n’ai pas eu le courage de lui faire faire le test.

 

Décentralisation du traitement : prévention, diagnostic et traitement dans un contexte rural.


ANGOLA


Jose. Il est marié, a 4 enfants et 4 autres sont morts.

Cordonnier, il passe toute la journée au marché public (emplacements à l'air libre, comme cela est fréquent en Afrique), gagne environ 100 kwanzas par jour (1 euro). Son épouse travaille dans les champs toute la journée et gagne environ 200 kwanzas (2 euros) par jour. Elle n’est pas salariée, elle ne travaille que lorsqu’il y a besoin de main d’oeuvre.

Leurs fils sont mariés et vivent loin, dans d’autres provinces, et ils n’ont pas eu de contact avec eux depuis 12 ans. Ils ont une seule fille, qui ne peut pas les aider économiquement. Jose vit seul avec sa femme.


Pour aller à Benguela pour le TARV, je dois me lever à 5 heures du matin pour prendre un taxi qui m’amène jusqu’à la ville. J’arrive à 7 heures du matin au centre de traitement, on me prélève du sang pour réaliser des analyses, dont les résultats nous sont donnés le soir même. Et j’attends jusqu’à 13 heures que le médecin arrivent. Si le médecin ne vient pas, je dois dormir chez quelqu’un à Benguela et retourner à l’hôpital le lendemain. C’est compliqué pour nous. Ma femme et moi allons toujours ensemble aux consultations... Au début, nous prenions les mêmes médicaments, mais maintenant j’ai toujours les mêmes, mais ceux de ma femme ont changé. Je prends deux comprimés le matin, et un autre, différent, le soir. Je ne les oublie jamais et vais à toutes les consultations de suivi que me prescrit le médecin. Maintenant, ma femme et moi sommes forts et nous pouvons travailler. J’aimerais trouver un emploi, mais il n’y a pas de travail ici. Le seul travail qu’il y ait est dans les champs, et le travail agricole peut parfois porter préjudice à notre santé. Si nous tombons malades, personne ne nous aidera.De plus, on ne peut pas manger qu’une fois par jour. Notre corps a besoin d’aliments, de manger au moins trois fois. Si je n’ai rien à manger, comment vais-je aller mieux ?

 

Angela. Elle vit à 150 km de la capitale de la province, Benguela.

Elle n’est pas mariée, et vit avec ses deux enfants et sa soeur. Elle ne travaille pas.


Je vends parfois de petites choses pour subvenir aux besoins de mes enfants, mais je dépends de ma soeur. Le père de mes enfants m’a abandonnée quand je lui ai parlé de ma maladie. Je ne sais pas comment j’ai attrapé le VIH. Je pense que c’est lors de mon dernier accouchement, il y a quatre ans, qui a eu lieu à la maison, avec une sage-femme traditionnelle et je n’avais pas de matériel... je ne sais pas bien l’expliquer, mais je crois que c’est à ce moment-là. On m’a fait un test du VIH il y a trois ans quand j’ai commencé à être très malade, et que le médecin m’a conseillé de faire le test. J'ai fait le test du VIH à Benguela parce que ce n’était alors pas possible de le faire ici. Ma vie a beaucoup changé. J’allais très mal, et quand j’ai eu mes résultats, j’en ai parlé avec mon mari, qui m’a battue, m’a insultée et est parti. Certaines personnes de ma famille ont, jusqu’à aujourd’hui, peur d’être avec moi. J’ai arrêté de faire beaucoup de choses, mais grâce à Dieu j’ai rencontré des amies qui m’ont aidée à connaître ma maladie, et aujourd’hui je vais bien, je suis le traitement, ma vie a changé, je prends soin de moi maintenant. Pour suivre le traitement, les débuts furent difficiles parce qu’il n’y a pas de traitement ici et je devais aller jusqu’à Benguela, et je n'ai pas beaucoup de famille là-bas. Et on a dû me faire des analyses et les résultats prenaient du temps, mais je n’avais nulle part où dormir. Et ensuite, elles étaient faites dans un seul lieu, qui était toujours plein et il fallait attendre longtemps avant qu'on s'occupe de moi. Mais un centre a ouvert ici il y a un an, et ma vie est devenue plus facile. Tous les mois, je fais un suivi, je reçois mes médicaments, et même les infirmières me facilitent la vie, on prend soin de moi plus rapidement.


 

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