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Colloque : Au-delà du constat, des réponses pour lutter contre les violences liées au genre


> stratégies, défis et partenariats

Synthèse colloque du 11 octobre 2010 - Bibliothèque nationale de France, Paris


  En matière de violences liées au genre, les statistiques sont éloquentes : une femme sur trois dans le monde a été battue, contrainte d’avoir des rapports sexuels ou a subi d’autres formes de sévices au cours de sa vie. En 2008, en France, 156 femmes sont décédées victimes de leur compagnon ou ex-compagnon.


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Lutter contre les violences liées au genre

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Luchar contra la violencia de género

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Fighting against gender-based violence


Le phénomène est multiforme et recouvre de nombreuses formes de violences, telles que les mutilations génitales, les avortements sélectifs, les infanticides, le viol utilisé comme arme de guerre, les coups et blessures, les pressions psychologiques, le refus de l’accès aux soins ou les discriminations sociales et économiques. Ces violences constituent le lot pour des millions de femmes (et parfois d’hommes) à travers le monde. Cette violence peut être perpétrée dans divers contextes, en situation de conflit armé ou non, au sein de la famille, d’un groupe social, ou même au niveau institutionnel.

Si la prévalence du phénomène est incontestable et affecte en majorité les femmes, il est important de souligner que les hommes peuvent aussi faire l’objet de violence.

Problème universel recouvrant des réalités diverses, le phénomène constitue une incontestable violation des droits de l’Homme et représente un problème majeur de santé publique.

Fort de son expérience de terrain et conscient des enjeux que cette problématique représente, Médecins du Monde a mis en place une stratégie d’actions globale et intégrée au sein de ses programmes en France et à l’international visant à combattre ces violences. Depuis 2007, avec le soutien de l’AFD (Agence Française de Développement) et du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, Médecins du Monde a fait de la lutte contre les violences liées au genre une de ses priorités dans le cadre d’activités transversales.

11 pays particulièrement touchés par ce phénomène (Algérie, Egypte, RDC (Goma et Kinshasa), Guatemala, Haïti, Libéria, Moldavie, Nicaragua, Niger, Pakistan, Pérou) ont été intégrés à un programme international de 3 ans, qui a permis des avancées concrètes en matière de prévention et de prise en charge des victimes.

La mise en œuvre d’une approche pluridisciplinaire et le développement de réseaux de partenaires (acteurs de la société civile, autorités étatiques et ONG locales), a permis d’élargir le champ d’action de MdM et de favoriser une amélioration des pratiques sur le terrain.

Face à la complexité des mécanismes qui sous-tendent les diverses formes de violence, cette approche a aussi permis à MdM d’aller au-delà du soin. Aborder la question de l’impunité, mesurer l’importance du certificat médical avec des experts en médecine légale, prendre en compte les déterminants socioculturels pour une prise en charge « globale » des victimes sont des démarches que nous avons pu valoriser grâce à la mise en place ou au développement de réseaux de référence, dans chaque contexte d’intervention.

A travers des réflexions juridiques, médicales, anthropologiques, sociales et des expériences positives d’acteurs de terrain, ce colloque avait pour objectif de mettre en lumière non seulement les défis associés à la lutte contre les violences liées au genre mais aussi les stratégies d’actions possibles. Le regard croisé de nos partenaires algériens, congolais, guatémaltèques, haïtiens, nicaraguayens et pakistanais, permet aujourd’hui d’échanger sur la prise en charge pluridisciplinaire, la prise en compte des déterminants socioculturels, ainsi que la lutte contre l’impunité.


Ce colloque a donc été décliné en trois temps, afin de mettre l’accent sur trois enjeux clés dans la réflexion et la mise en pratique de programmes luttant contre les violences liées au genre :
  • Panel 1 : la pluridisciplinarité de la prise en charge : médicale, juridique, psychologique, sociale et de promotion des droits de la femme

Au-delà d’un consensus sur l’importance devant être accordée à l’approche pluridisciplinaire de la prise en charge des victimes de violences liées au genre, ce premier panel met en avant les défis que représentent sa mise en pratique et les résultats obtenus dans divers contextes.

Modérateur : Christian Troubé, journaliste-écrivain, rédacteur en chef de « La Vie »

Intervenants : HAïTI : Dr Nicole Magloire, représentante de la Concertation nationale de lutte contre la violence faite aux femmes PAKISTAN : Lucie Dechifre, ancienne coordinatrice programme MdM ALGéRIE : Dr Fadhila Chitour, représentante du Réseau Wassila

  • Panel 2 : la prise en compte des déterminants socioculturels

Ce panel s’attache à montrer dans quelle mesure la définition de ce qu’est une violence, les perceptions de sa gravité, la tolérance et les justifications de certains actes varient en fonction des contextes socioculturels. La prise en compte de ces éléments est essentielle dans l’élaboration d’un programme de lutte contre les VLG.

Modérateur : Eric Fassin, sociologue, école Normale Supérieure, chercheur à L’Iris (CNRS / EHESS) • Intervenants : Nicaragua : Juan Jiménez, représentant de l’association des hommes contre la violence PAKISTAN : Ali Imran, conseiller juridique MdM Pakistan RDC : Tatiana Kourline, anthropologue, ancienne coordinatrice programme MdM

  • Panel 3 : la lutte contre l’impunité

Au-delà des actions de sensibilisation et de prise en charge médicale et psychologique, qui constituent le cœur de nos programmes, la lutte contre l’impunité revêt une importance fondamentale si l’on souhaite mettre fin aux situations de violence. MdM participe à cette lutte en appuyant des associations partenaires permettant aux victimes de VLG d’accéder à une assistance légale, mais également en facilitant leur accès au certificat médical.

• Modératrice :
Moira Sauvage, journaliste, membre de la Commission Femmes Amnesty International France

• Intervenants :
Ouverture du panel par le Professeur Gabriel Mangu, Représentant du Ministère du genre, de la famille et de l’enfant en RDC
RDC : Julienne Lusenge, présidente SOFEPADI-Béni, Nord Kivu Françoise Munyarugerero Kabundi, Inspecteur, point focal protection enfant, femme, genre, chargée des violences sexuelles en RDC au sein de l’Inspection Générale de la Police
Haïti : Dr Marjorie Joseph, médecin légiste et représentante d’URAMEL
Algérie : Dr Farida Miloudi, médecin légiste
Guatemala : Rosa Escobar, Directrice de l’AMES, association des femmes dans la solidarité


Discours d’ouverture du colloque : Dr olivier Bernard Président de Médecins du Monde

C’est bien de la place d’acteurs de terrain, que nous avons voulu prendre la parole aujourd’hui. Pour MdM la lutte contre les violences liées au genre fait partie d’une des priorités de l’association, puisqu’il s’agit surtout d’un problème de santé publique. Depuis plusieurs années en France et à l’étranger, MdM met en œuvre des actions de prévention et de réponse au phénomène des violences liées au genre dans des contextes très divers.

En termes de méthode, MdM travaille en appui et de concert avec des structures locales, associatives, institutionnelles, issues des sociétés civiles. C’est de la collaboration de l’ensemble de ces compétences que nous tirons une expertise. Cette violence se rencontre partout dans le monde. Qu’elle soit sexuelle, physique, morale ou institutionnelle, cette violence engendre outre des dégâts sur la santé physique, des dégâts psychiques importants.

qu’est-ce que ce colloque vient symboliser ? Trois années d’un programme ambitieux contre les VLG. Ce programme a été possible grâce à un engagement financier important de l’AFD et du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes. Cela a permis une réelle amélioration de nos pratiques sur le terrain, au travers de la mutualisation des outils, une réelle dynamique associative, et des échanges autour de questions plus larges (VIH/SIDA, santé reproductive etc.).

Cette approche globale est reprise aujourd’hui dans les trois panels que nous proposons. Elle comprend la pluridisciplinarité de la prise en charge : médicale, juridique, psychologique, sociale et promotion des droits sociaux. Au-delà du soin ces actions s’inscrivent dans une démarche qui vise à aboutir à une transformation sociale.

Deuxième élément après la pluridisciplinarité, la prise en compte des déterminants socioculturels. Pourquoi ? Parce que les représentations des violences sont différentes selon les contextes. Cela constitue un véritable enjeu dans la plupart de nos programmes.

Enfin, la lutte contre l’impunité à travers un outil qu’est l’accès au certificat médical. L’impunité des auteurs de violences est un enjeu majeur dans la plupart des contextes d’intervention. MdM a souhaité améliorer un accès aux structures juridiques et lutter contre l’impunité.

 


Synthèse colloque
 



Janvier 2011

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