Communiqué de presse
Séisme en Haïti l'action de Médecins du Monde
Une vingtaine de personnels médicaux, venue renforcer notre équipe déjà présente sur place, est à pied d’œuvre depuis samedi 16 janvier à l’hôpital central de Port-au-Prince et à Cité soleil pour venir en aide aux victimes du séisme. 30 tonnes de matériel médical et de médicaments essentiels ont été acheminé par camion depuis la République dominicaine voisine permettant la mise en œuvre d’activités médico-chirurgicales en contexte très dégradé.
- Envoi d’équipes d’urgence : Composée de 4 médecins, 2 chirurgiens, 2 infirmières de blocs, 2 infirmières, 3 logisticiens et 1 anesthésiste, ces équipes sont en mesure de gérer les premiers secours, de prendre en charge des opérations chirurgicales mais aussi d’évaluer les besoins non couverts.
La rubrique "7 minutes pour une vie" du Magazine de la santé sur France 5 est consacrée, du 25/01 au 29/01, à l'action de Médecins du Monde à Haïti.
Vous pouvez voir les videos en suivant les liens suivants :
Emission du 28/01 (début de la séquence MdM à 37mn 40s)
Emission du 27/01 (début de la séquence MdM à 46mn 40s)
Emission du 26/01 (début de la séquence MdM à 45mn 55s)
Emission du 25/01 (début de la séquence MdM à 43mn 10s)
|
>> Faire un don en ligne Malheureusement, Médecins du Monde ne peut prendre en charge les dons en nature (nourriture, vêtements, médicaments,...) | La mutualisation des dons : un principe permanent Depuis toujours Médecins du Monde a pour principe de ne pas affecter les dons et de mutualiser sur l’ensemble de ses missions les fonds reçus. Ce principe clair permet d’intervenir uniquement en fonction des besoins réels sur le terrain et non en fonction de considérations financières ou de la forte médiatisation de situations d’urgence. Par conséquent, si les dons reçus sont supérieurs aux engagements pris, ils seront réaffectés en fonction des autres programmes. |
Jeudi 4 février
Hôpital général de Port au prince
Les cliniques sont implantées ponctuellement dans des lieux où les habitants se sont rassemblé sur des terrains vagues, sur des stades de foot spontanément par peur de retourner dans leurs habitations.
Visite dans une clinique mobile à Cité Saint-Georges dans la périphérie de Port-Au-Prince. Situé dans une clairière entourée de bois et d’habitations sur un terrain pentu, les médecins préparent leurs matériels pour les premiers patients qui font la queue. Quelques poubelles finissent de se consumer sous les rayons du soleil qui percent le feuillage.
La deuxième clinique mobile se situe à Carrefour feuille. L’ambiance est animée, les personnes expliquent leur pathologie, reçoivent un ticket et font la queue pour aller voir un médecin qui leur pratiquera un soin ou leur donnera des médicaments. Sur un des chemins qui mène au lieu, une maison de trois étages a vacillé sur le côté de la rue, à tout moment elle pourrait tomber comme un château de carte
Les personnes avoisinantes viennent en consultation pour se faire refaire des pansements et divers problèmes médicaux pas toujours liés au séisme. Les jeunes enfants sont présent avec leur mères.
Aujourd’hui il y a eu 35 personnes prises en charges à l’hôpital Général.
|
|
|
© Lahcène Abib
Mercredi 27 janvier
Installation complète des centres de Bernard Meuse, Delmas, Cité George, Carrefour Feuille, Sans Fil et Canapé Vert.
Le programme de la journée a consisté précisément à activer ces derniers centres de santé fixes, finaliser les liens avec le staff haïtien (infirmières, médecins, sages -femmes , enregistreurs), et approvisionner les sites en médicaments.
Aussitôt, les responsables des six camps de déplacés ont été avertis que le centre situé au coeur de leur zone était désormais ouvert et que la population pouvait aller s’y faire soigner.
Delmas est un terrain situé dans un espace tenu par des religieux, 7000 personnes déplacées, deux médecins et quatre infirmières ont été recrutés.
A Cité George, désormais opérationnel, ce sont 120 consultations qui ont été effectuées dans l’après-midi.
A ce jour, les six cliniques mobiles sont fonctionnelles mais pour autant pas opérationnelles à 100%. L’idée est d’atteindre une moyenne de 150 consultations/jour. L’optimisation du modèle Médecins du Monde nécessite quelques jours pour que les personnes se calent entre elles. De fait, la présence d’un "expat médical" est nécessaire les premiers jours, par la suite elle deviendra épisodique.
A l’Hôpital Général, l’équipe chirurgicale de MdM France aujourd’hui a procédé à 25 interventions. « Nous avons revu un homme de 22 ans, son bras à hauteur du coude présente une plaie circulaire très profonde, avec une fracture du coude très complexe et perte de substance osseuse, bien que les nerfs et l’artère n’ aient pas été touché et que l’avant-bras ait conservé toute sa motricité, sa mobilité et sa sensibilité, nous avons décidé de l’amputer, mais préalablement nous avons souhaité demander l’avis de Christopher, notre collègue traumatologue anglais arrivé la veille, celui-ci a estimé qu’il y avait encore une petite chance, il a donc contacté son homologue américain en chirurgie plastique et reconstructrice, et le patient a été transféré sur le navire hôpital US stationné au large de Port-au-Prince ».
Mardi 26 janvier
L’équipe médicale bien qu’opérationnelle sur certains sites, continue ses enquêtes dont l’objectif est d’identifier des sites pertinents. Une règle d’or chez Médecins du Monde, absorber un maximum d’activités dans les limites de la capacité structurelle de sa mission. Les critères de choix sont le nombre de bénéficiaires potentiels , la nature des besoins, l’absence d’organisation médicale compétente.
Une équipe mobile a procédé à plus de deux cents consultations dans les quartiers pauvres de Canapé Vert et de Bernard Meuse. Ce sont pour l’essentiel des pathologies chroniques, psychosomatiques, très peu de plaies depuis quelques jours.
Demeure cette constante dans l’esprit des MdM présent à Port-au-Prince, répondre convenablement et correctement aux objectifs fixés, et surtout à l’attente des personnes affectées.
Lundi 25 janvier
Les équipes mobiles de Médecins du Monde poursuivent leur travail de repérage et d’organisation des futurs sites. Six sites ont été retenus, principalement pour le nombre conséquent de bénéficiaires potentiels auxquels ils s’adressent. Mais il tient compte aussi de l’absence totale d’intervenants humanitaires dans cette zone.
Plus bas dans le centre ville, au sein de l’Hôpital Général, l’équipe chirurgicale de Médecins du Monde, continue d'oeuvrer depuis les premières heures qui ont suivi le séisme. Michel, chirurgien MdM « On voit encore des choses très aiguës, c’est l’évolution des premières pathologies au niveau descicatrices, de la fonctionnalité des amputations, des délabrements tissulaires. Il y a un nombre important de fractures du bassin chez des femmes jeunes, et dont il va falloir prévoir un soutien en matière de rééducation, leur avenir obstétrical est engagé, il y a un risque de dystocie (bassin trop étroit qui ne laisse plus passer les bébés) ».
Plus loin, c’est Jacques, l’anesthésiste qui insiste sur le fait qu’une psychose des amputations s’installe de plus en plus dans la population. « Tout est détruit, tout rappelle la notion de destruction, les bâtiments effondrés, les corps cassés, les membres amputés ».
Dimanche 24 janvier
Alors que les équipes mobiles sillonent la ville depuis plusieurs jours, Médecins du Monde se concentre sur l’idée d’intervenir à Port-au-Prince en des lieux touchés par le séisme et où personne n’est encore intervenu. En l’occurrence, sur les hauteurs de la ville. Les endroits ont été identifiés et sélectionnés. Y seront installés des centres de santé très prochainement. Pour cela, une préparation organisationnelle s’impose. En terme de ressources humaines, d’agencement de la structure au sein du lieu choisi. La mise en place suivra aussitôt. Toutes les métiers de la mission sont sollicités : logistique, administrative, et médicale. Pour tout le monde, la journée fut dense et productive.
Jeudi 21 janvier – Neuf jours après le séisme, le point sur les activités de Médecins du Monde
Situation à l’hôpital général de Port-au-Prince
A Port-au-Prince, les équipes de médecins, chirurgiens et infirmières continuent de soigner dans trois hôpitaux de la ville et en particulier au sein de l’hôpital général universitaire.
Le défi est d’opérer le plus grand nombre de blessés, le plus rapidement possible : plusieurs centaines de personnes sont actuellement regroupées près de l’hôpital général de Port-au-Prince, et une grande majorité est en attente d’une intervention chirurgicale. Il n’y a toujours pas d’approvisionnement en eau et en électricité. Une cinquantaine d’interventions chirurgicales lourdes ont été réalisées à ce jour par notre équipe, pour la plupart des amputations, car les blessés sont restés plusieurs jours sans aucun soin infirmier et sans conditions d’hygiène, et leurs blessures, infectées, ont provoqué des gangrènes importantes.
Dans les camps de sinistrés
Parallèlement nos équipes médicales se rendent dans les camps de fortune où des milliers d’habitants de Port-au-Prince ont trouvé refuge : les rescapés sont installés le
long des grandes artères de la ville dans plus de 250 sites de regroupement improvisés, sans abri. En partenariat avec l’association haïtienne URAMEL (partenaire de MdM en Haïti depuis 15 ans) les équipes ont tenté de restaurer l’accès aux premiers soins avec la réouverture de 2 centres de santé et des consultations mobiles sur les sites de regroupement sur la zone du Champ de Mars en particulier. Environ 140 consultations sont réalisées par jour assorties de soins infirmiers et de transferts vers l’hôpital général si nécessaire.
« Nous arpentons les quartiers les plus touchés comme Sans Feuille et Portail Leogane. Nous faisons des premiers secours et des soins et recherchons activement les blessés les plus graves pour les transférer vers les hôpitaux» rapporte l’une de ces équipes. « La situation est catastrophique : presque tout le quartier est détruit et pas encore dégagé, ça sent la mort et le cadavre partout. Un camp de fortune s'est installé dans les décombres. Les conditions de vie sont exécrables, pas d’eau, de la nourriture sur de petits stands mais souvent les gens n’ont plus d’argent, ils ont tout perdu. L’hygiène est évidemment déplorable, il y a quelques toilettes mais pas assez pour répondre aux besoins de la foule qui a envahi cette immense place centrale, il y a d'énormes besoins et des cas plus que critique. Une femme est morte sous nos yeux, couverte d'hématomes et de contusions, faute d’avoir été dialysée. » L’absence de soins pour les patients chroniques est l’un des nombreux problèmes : très peu de structures hospitalières sont debout, il n’y a presque pas d'ambulances : « nous avons emmenés ce matin deux blessés graves dans notre voiture pour les conduire au lycée français transformé en hôpital par la sécurité civile. »
Marine, médecin et directrice d’une association d’assistance haïtienne :
« Le besoin urgent, c’est d’organiser des structures pour prendre en charge les suites opératoires afin de décharger le peu d’hôpitaux qui fonctionnent et qui sont débordés. Cette situation de post urgence va durer des mois. J’ai commencé à travailler avec MDM en 1991, et j’ai fait beaucoup de missions difficiles. Jamais de séisme, et j’espère bien que c’est le dernier. C’est affreux.»
En dehors de la capitale
Deux équipes de Médecins du Monde sont arrivées hier à Léogâne, épicentre du séisme, et à Jacmel pour évaluer la situation sanitaire et venir en aide à la population. A Léogâne, ville de 130 000 habitants, les bâtiments sont détruits ou très endommagés
Une autre équipe est à Petit-Goâve, et apporte un appui à l’hôpital de la ville.
Enfin l’équipe du programme long terme basée à Jérémie dans le sud du pays est en veille pour répondre aux besoins médicaux pour les milliers de déplacés qui ont fui la capitale vers ce département moins touché par le séisme.
Mercredi 20 janvier – Interview de Frédéric Penard, responsable du desk Urgence de Médecins du Monde
Quelle est la situation sur place aujourd’hui ?
Deux équipes de Médecins du Monde sont arrivées aujourd’hui à Leogane, épicentre du séisme, et à Jacmel pour évaluer la situation sanitaire et commencer à intervenir.
A Port-au-Prince, nos équipes de chirurgiens continuent de soigner dans trois hôpitaux de la ville. Le nombre de blessés en attente de soins est considérable et le défi est d’opérer le plus grand nombre de blessés, le plus vite possible.
Parallèlement nos équipes médicales se rendent dans les camps de fortune où des milliers d’habitants de Port-au-Prince ont trouvé refuge. Depuis hier, en partenariat avec l’association haïtienne URAMEL [partenaire de MdM en Haïti depuis 15 ans] et grâce à la mobilisation de dizaines de volontaires médicaux, des consultations de premiers secours sont menées dans deux centres médicaux et dans plusieurs sites du quartier de « Champ de Mars ». Les équipes recherchent activement les blessés les plus graves pour les transférer vers les hôpitaux.
Enfin, une dernière équipe est à Petit-Goâve, en appui à l’hôpital de la ville.
Quelles sont les difficultés auxquelles nous nous heurtons sur le terrain ?
Depuis le premier jour, la logistique s'est avérée être une réelle difficulté pour l’ensemble de nos équipes : l’acheminement des équipes venues en renfort et du matériel est complexe car l’aéroport de Port-au-Prince est saturé. Mais nous avons réussi à faire en sorte que tout notre dispositif de renfort soit opérationnel depuis samedi matin.
Les conditions de travail dans les hôpitaux sont très précaires, ce qui accroit la fatigue de nos équipes à pied d’œuvre (manque d’eau, absence d’électricité, communications aléatoires...). C’est pourquoi, d’ici la fin de la semaine, les premiers volontaires seront remplacés par une nouvelle équipe.
Toutes les organisations gérant ces mêmes contraintes, il est très compliqué sur place d’avoir encore une idée précise de toutes les interventions mises en œuvre, ce qui nous amène à redoubler nos efforts de coordination avec nos collègues haïtiens pour s’assurer que les besoins les plus vitaux sont couverts.
A terme, quelles seront les activités développées ?
Même si nous savons d’ores et déjà que notre soutien à Haïti devra s’inscrire dans la durée, il est encore trop tôt pour savoir ce que seront nos programmes dans trois mois, six mois ou un an, tant les besoins seront immenses.
Dans l’immédiat, en fonction des évaluations en cours, nous allons tenter de rétablir l’accès aux soins médicaux et chirurgicaux d’urgence pour la population la plus large possible. Notre priorité dans cette phase d’urgence est d’aller au-devant des blessés et des populations qui n’ont pas reçu d’aide. Il faudra également assurer le suivi des soins, et à court terme une prise en charge des troubles de santé mentale liés au séisme.
Point d'actualité - Mardi 19 janvier
Les équipes de Médecins du Monde continuent de soigner et d'opérer à l'hôpital central et à l'hôpital Choscal dans le quartier de Cité Soleil. Depuis hier, nos équipes se rendent également au-devant de la population réfugiée au « Champ de Mars » où s'est établit un camp de fortune, afin d'apporter soins et assistance et d’évaluer les besoins sanitaires. « Des centaines d'habitants de Port au Prince se sont réfugiés au Champ de mars, dans le centre de la capitale. Les conditions de vie surtout du point de vue de l’hygiène y sont très précaires mais la vie s'organise peu à peu. La population attend vraiment l'aide extérieure et nous accueille avec beaucoup de bienveillance ».
Point d'actualité - Lundi 18 janvier / 13h00
Gérer les priorités médicales…
A l’hôpital central, notre équipe médicale continue d’opérer : il s’agit toujours d’amputations… « Les blessés, rapidement informés de l’arrivée d’une aide médicale étrangère, ne cessent d’affluer en voiture, sur les brancards de fortune, en brouette. » témoigne notre équipe. « Les cadavres devant la morgue ont été évacués, mais l’odeur reste assez insoutenable car des décès ont lieu au sein de la population qui attend devant l’hôpital sous des abris de fortune. » Transformée en salle d’attente à ciel ouvert, la cour de l’hôpital n’accueille pas que des victimes du séisme. Les équipes médicales doivent faire le tri rapidement, les cas les plus graves mais aussi les personnes les plus jeunes sont opérés en priorité.
Gérard, chirurgien MdM
« C’est très intense de travailler à l’hôpital central, il y a tellement de gens à opérer en urgence. Il fait très chaud, 30 degrés dans le bloc, et près de 40 sous la blouse. On manque d’infrastructures de base, comme de l’eau courante ou tout simplement des commodités. En revanche, nous avons eu de la chance d’arriver ici et d’être tout de suite intégrés par une ONG américaine qui était déjà sur place, International Medical Corp. Ils nous ont fait de la place dans le bloc improvisé et restent très solidaires quand nous arrivons à court de matériel. La solidarité entre humanitaires est très forte pour faire face à l’urgence, ça simplifie les choses. »
Jacques Lorblanchès, chirurgien MdM
« J’ai fait pas mal de missions dans ma vie, j’étais notamment à Bam en Iran après le séisme, et à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande en novembre 1979. Mais rien n’est comparable à ce qu’on voit ici. Il y a tellement de gens à soigner et tellement de gens à amputer. On manque de tout, notamment d’eau courante et d’électricité. Sans soins, certaines personnes qu’on a opérées risquent des septicémies. Les gens manquent de nourriture, d’eau, d’hygiène de base. Ils n’ont plus de maison, ils dorment dans les rues, ils s‘entassent.»
Ce matin, MdM a opéré de nombreux enfants.
Madeleine a 4 ans. Elle vivait avec ses parents dans le quartier de Dalma, l’un des plus touchés par le séisme. Elle se trouvait au rez-de-chaussée quand les premières secousses ont provoqué l’éboulement des 3 étages de son immeuble. Ses parents étaient absents, en train de travailler. C’est un voisin qui est venu la tirer des décombres. Elle a perdu la jambe et a de grosses coupures sur l’arcade sourcilière.
Thélissa, 7 ans a dû être amputée d’un bras. Super courageuse, elle nous a raconté sa vie à l’école avant d’être endormie. A son réveil, elle était très heureuse de revoir toute l’équipe soignante et nous demandait « du shampoing pour avoir le cheveu soie », à savoir doux, « car les miens sont si sales et si laids ». Cette petite fille a perdu sa mère dans le séisme.
… dans un contexte alarmant
La nourriture se fait rare et les prix flambent. Les vendeurs d’eau de rue (dans des petits sachets plastiques) demandent 5 gourdes (monnaie locale) au lieu d’un devant la demande. Les magasins sont fermés, comme les banques, l’électricité est très rare. Des affiches sont plantées devant les décombres des bâtiments « There are dead bodies here » ou encore « UN, we need your help ». Il y a encore des morts sous les éboulements, repérables à l’odeur.
…mais solidaire
Didier, un expatrié français dont la maison a miraculeusement tenu dans un quartier où tout par ailleurs s’est effondré, accueille l’équipe d’MdM. Emu, il pense aux Haïtiens et à leur avenir. « Chaque fois qu’on parle des Haïtiens dans la presse, c’est pour en dire du mal, parler de violences, de pillages, d’insécurité. Mais c’est complètement caricatural. Si vous aviez vu la solidarité dont ils ont fait preuve après le tremblement de terre ! Chaque voisin, chaque passant aidait à chercher des survivants. C’est vrai qu’il y a des pillages, mais il n’y a rien à manger, que feriez-vous à leur place ? J’ai moi-même un entrepôt de conduites d’eau, c’est mon business. J’ai expliqué aux gens du quartier à quoi ça servait et pourquoi c’était important que ce ne soit pas dévalisé pour la reconstruction. Maintenant, ils veillent tous sur mon stock. »
Point d'actualité - Dimanche 17 janvier / 13h00
Depuis hier, notre équipe chirurgicale est opérationnelle à l'hôpital général. "Nous intervenons en lien avec les autres ONG présentes sur place" explique Jacques, chirurgien. " Malheureusement nous réalisons énormément d'amputations. Les conditions sont très précaires, nous n'avons ni électricité ni réseau téléphonique." L'équipe chirurgicale a été renforcée samedi soir par l'arrivée d'une infirmière de bloc et d'un anesthésiste. D'autres renforts médicaux continuent d'affluer. Le fret, arrivé par avion en République Dominicaine, va être acheminé dans la matinée.
Samedi 16 janvier 19h
Témoignage de l’équipe de MDM France arrivée vendredi 15 dans la nuit de St-Domingue :
« La situation est catastrophique : l’aide n’arrive pas, les Haïtiens semblent comme abattus. Mais nous n’avons pas été confrontés à des réactions hostiles pour le moment, au contraire : ils attendent avec impatience l’aide internationale.
Nous avons dormi par terre avec d’autres secouristes et des journalistes. Nous avons peu d’eau, presque pas de nourriture. Ce matin, nous nous sommes rendus avec l’équipe chirurgicale à l’Hôpital général et avons démarré le nettoyage d'un bloc opératoire que nous allons pouvoir utiliser.
Sur place, la cour est envahie par des lits de fortune. La morgue étant pleine, des corps pourrissent sur le sol. A côté des blessés du tremblement de terre gisent les blessés civils « communs ». L’hôpital était en grève depuis 2 mois…
Point d'actualité - Samedi 16 janvier / 11h00
Une équipe arrivée le 14 au soir à Port au Prince a pris en charge 300 personnes dans la journée de vendredi à Cité Soleil. "Nous avons prodigué les premiers soins et réalisé de petis actes chirurgicaux, les personnes les plus fortement touchées étant référées vers le bloc opératoire. De plus, un réseau d’agents de santé parcourt Cité Soleil à la rencontre des blessés pour leur dispenser des premiers soins ou les diriger vers l’hôpital." explique le responsable " Nous nous nous sommes procurés du matériel tel que des kits d’accouchements, ainsi que de l’eau et des aliments protéinés. Malgré tout, les manques restent criants, notamment en matière d’antibiotiques et d’antiseptiques".
Les équipes de renfort sont arrivées hier à Port-au-Prince et vont se rapprocher au plus vite des hôpitaux pour venir en appui aux équipes nationales. Par ailleurs, les 30 tonnes de matériel, affrétées par charter, sont arrivées en République Dominicaine et seront acheminées dans la journée vers Port-au-Prince.
Point d'actualité - Vendredi 15 Janvier / 13h00
Nos équipes déjà présentes à Port-au-Prince poursuivent l'évaluation des structures médicales et distribuent des médicaments comme à l'hôpital général de la ville, à demi-détruit, ou l'hôpital Choscal du bidonville de Cité Soleil qui a été approvisionné d'un kit médical permettant la prise en charge d'urgence de 10 000 personnes.
" La logistique est un véritable défi " explique David, le logisticien à pied d'oeuvre, arrivé cette nuit depuis Fort de France " Il faut trouver les moyens permettant aux équipes médicales d'être opérationnelles immédiatement : de l'eau, de l'essence pour faire fonctionner les générateurs, etc. Il faut trouver un endroit sûr pour stocker les médicaments et les équipements qui arrivent dans l'avion " Celui-ci a décollé de Bordeaux chargé de 30 tonnes de matériel et nous espérons qu'il pourra se poser à Port-au-Prince dans la nuit. Plusieurs équipes médicales de renfort sont en route depuis St Domingue, la France, l'Espagne.
Point d'actualité - Jeudi 14 Janvier / 16h30
La nuit dernière, un lien téléphonique a pu être rétabli avec l’équipe Médecins du Monde. Notre équipe rapportait que « les gens déambulaient dans les rues, hagards ; que la ville avaient été massivement détruite, qu’en moyenne un bâtiment sur trois s’était écroulé ». « Mais les communications restent difficiles », précise Olivier Bernard, président de Médecins du Monde qui a pu s'entretenir avec nos équipes jeudi matin. « D'ailleurs, nos équipes n'ont toujours pas réussi à rétablir le contact avec l'ensemble de leurs membres.»
Notre équipe présente sur place est déjà à pied d'œuvre pour évaluer la situation dans les structures médicales partenaires de Médecins du Monde, notamment l'hôpital général de Port au Prince, très endommagé et l'hôpital CHOSCAL de Cité Soleil où notre équipe a commencé à distribuer des médicaments et matériel médical.
Un renfort d’une première équipe médicale arrivera à Port-au-Prince depuis St Domingue où elle est habituellement basée. Une seconde équipe médicale de huit personnes est partie ce midi de Paris pour Saint-Domingue. Composée de médecins, infirmiers, chirurgiens, anesthésistes et logisticiens, ils atterriront ce soir et rejoindront Port-au-Prince vendredi. Avec l’arrivée des équipes de renfort, la mission d’urgence de MdM se composera d’une cinquantaine de membres.
Par ailleurs, un avion charter décollera demain matin, vendredi, de Bordeaux vers Port-au-Prince, avec à son bord deux autres personnes de MDM et 40 tonnes de matériel médical, chirurgical, et logistique (groupe électrogène, tentes, couvertures, équipements chirurgicaux, anesthésiants, kits d’urgence, …) afin de soigner et opérer les blessés au plus vite et venir en appui aux équipes nationales et aux structures de santé.
« Nous sommes dans une course contre la montre pour tenter de sauver les victimes et d'évacuer les blessés. Il faut rapidement mettre en place de nouvelles structures médicales, dont des hôpitaux sous tente. L'urgence est donc d'abord médicale. Après les problèmes médicaux, d'autres problèmes vont se poser: l'accès à l'eau et à la nourriture notamment mais aussi à des abris pour les personnes qui se retrouvent sans rien », précise Olivier Bernard.
Par ailleurs, une nouvelle rassurante reçue également ce matin, les enfants des deux orphelinats avec lesquels 32 familles sont en cours d'adoption via Médecins du Monde sont sains et saufs.
Mardi 12 janvier 2010 - Marc Paquette, chef de mission de Médecins du Monde Canada, en Haïti, se trouve au cœur même du désastre :
« La maison où j'habite, à flanc de montagne, dans une banlieue de Pétionville, est très solide. Mais ça a bougé énormément. Des verres se sont brisés, des miroirs sont tombés, des tableaux se sont décrochés du mur.
Des cris et des pleurs
Tout de suite après le tremblement terre, un gigantesque nuage de poussière est monté de toute la ville. Dix minutes après, on ne voyait plus rien. Pétionville a été submergée de poussière Des milliers de maisons ont dû s’écrouler... On n'entend plus que des clameurs et des cris.
Inquiétude mortelle
Le téléphone ne fonctionne plus. J'ai un générateur, mais il n'y a plus d'électricité. Je suis inquiet pour mes collègues. On est tous partis du bureau, mais je ne sais pas s'ils ont retrouvé leur famille, s'ils sont sains et sauf.
Le drame humain
Les secousses sismiques s'atténuaient, hier soir, après avoir ébranlé tout le sud du pays toutes les dix minutes pendant une heure et demie On va sûrement participer aux évaluations cette nuit, voir l'étendue des dégâts. On va voir quels sont les besoins en santé. L'approvisionnement en eau potable va être un problème - ils ont déjà un problème d'eau. Il (nous) faudra aussi de la nourriture, des médicaments... »
Mardi 12 janvier 2010 - Anne Urtubia - Responsable de la mission Haïti
" L'hôpital général de Port-au-Prince se situe dans la zone la plus touchée de la ville, proche du palais présidentiel et de la cathédrale qui se sont effondrés. C'est très inquiétant. Car même en temps normal, le service d'urgence est totalement surchargé et a très peu de moyens : c'est à lui que s'adressent les plus démunis dépourvus de couverture maladie quand ils ont un problème de santé. Tous les indicateurs de santé en Haïti sont au rouge : le secteur de la santé est totalement dépendant de l'aide internationale, tant du point de vue financier que pour les ressources humaines. Il y a un déficit criant de professionnels de santé car beaucoup de médecins haïtiens ont émigré vers le Canada ou les Etats-Unis. De ce fait, le personnel de santé est en souffrance, mal payé et en nombre très insuffisant. Moins de 3% des Haïtiens bénéficient d'une couverture maladie, raison pour laquelle notre projet dans la Grande Anse participe au renforcement du système de santé en soutenant la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans."
| Pour rappel, Médecins du Monde France mène une mission de long terme sur les violences à Port-au-Prince et une autre à Jérémie, dans la région de la Grande Anse qui n’a pas été touchée. Médecins du Monde Canada mène également une mission de soutien à l’hôpital Choscal de Port-au-Prince et MdM Suisse intervient dans la région du Petit- Goâve en soutien des structures de santé. |
| Les enfants des deux orphelinats du foyer de la Nouvelle vie et du foyer du Soleil avec lesquels 32 familles sont en cours d'adoption via Médecins du Monde sont sains et saufs. Pour toute information concernant les autres foyers d'adoption, la cellule de crise Haïti du Quai d'Orsay répond aux familles adoptantes aux numéros d’urgence : 00 33 1 43 17 53 53 et 0 810 006 330 (numéro Azur) |
| POSTULER POUR HAITI
Si vous souhaitez nous rejoindre en Haïti, sachez que, nos équipes soignantes étant complètes, nous cherchons actuellement uniquement des profils de coordinateurs expérimentés en mission humanitaire internationale (pour des contrats de 2 à 6 mois). D'autre part, si vous avez 2 ans d'expérience professionnelle, vous maîtrisez une langue étrangère et bénéficiez d'une disponibilité d'au moins 3 à 6 mois consécutifs, vous pouvez aussi postuler auprès de Médecins du Monde pour l'ensemble de nos missions Internationales, en envoyant un CV accompagné d’une lettre de motivation à secretariat.rhmissions@medecinsdumonde.net. (Le détail de l'ensemble de nos postes ouverts pour la France et l'international sont accessibles sur le site Coordination Sud : www.coordinationsud.org) Nous vous remercions de votre confiance et de l’intérêt que vous portez à nos actions. L’équipe des Ressources Humaines de Médecins du Monde |
Pour envoyer un don, Médecins du Monde a ouvert une boite postale
Médecins du Monde – Urgence Haïti
BP 100 - 75018 Paris