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International

Japon

In April 2011, MdM Japan started a humanitarian program focused on primary and psychological healthcare in Otsuchi, a town located in the Iwate district, north-eastern Japan.

Contexte

Le 11 mars 2011 un séisme de magnitude 9,0 a frappé la côte nord-est du Japon déclenchant un puissant tsunami de plus de 10 mètres qui a ravagé les zones côtières du Nord-Est et endommageant plusieurs centrales nucléaires. Le nombre de victimes confirmées à l’heure actuelle est de 15 560 morts et 5 329 personnes portées disparues (données de l’Agence de Police Nationale au 13 juillet 2011). Selon le Fire and Disaster Management Agency, les personnes évacuées sont 111 532 (données au 7 juillet 2011).

Alors qu’à Tokyo la situation est rapidement revenue à la normale, les conditions dans le Tôhoku, la région du Nord-Est restent très difficiles.

Médecins du Monde (MdM) Japon, avec le soutien du réseau de Médecins du Monde, s’est mobilisé dès les premières semaines pour apporter de l’aide aux personnes touchées commençant à travailler dans la ville d’Otsuchi (Préfecture d’Iwate).

Outre la possibilité de fortes répliques du séisme, le risque de contamination radioactive partant de la centrale nucléaire de Fukushima demeure. Les sites d’intervention se situent toutefois à 220 km de la centrale hors zone de sécurité. L’équipe MdM est équipée de compteurs Geiger et de dosimètres. Les volontaires MdM sont tous équipés de dosimètres personnels ne montrant aucune indication alarmante jusqu’à présent. Ils disposent également de comprimés d’iode obtenus auprès de l’Ambassade de France.

Le site web Emergency East Japan continue d’être mis à jour régulièrement depuis son lancement le 22 mai 2011 (information en anglais et japonais).

Otsuchi

Otsuchi, petite ville de 16 000 habitants durement affectée par le séisme, peine à retrouver une vie normale: un grand nombre de ses habitants sont encore hébergés dans les abris temporaires et les autorités locales ont été décimée lors du séisme.

Vue du paysage dévasté d’Otsuchi
© Eric Rechsteiner

«  Les fonctionnaires qui travaillent dans les hôpitaux, la mairie et d’autres structures publiques travaillent sans cesse bien qu’eux-mêmes aient été victimes de la catastrophe et cachent une grande souffrance psychologique »  commente une volontaire MdM.

Plus de quatre mois après la catastrophe, le stress généré pas le séisme continue à faire sentir ses effets chez les habitants d’Otsuchi. “Beaucoup souffrent d’insomnie, dépression, flashbacks, sentiment de culpabilité envers leur proches qui ne sont plus – témoigne Ayumi Amada, infirmière bénévole du projet urgence MdM à Otsuchi – alors que d’autres continuent à chercher désespéramment les reste des membres de leurs famille et sont envahis par une profonde frustration »

Vue du paysage dévasté d’Otsuchi
© Eric Rechsteiner

A l’instar des adultes, les enfants et les jeunes sont victimes de souffrances et d’émotions qu’ils ne savent pas toujours gérer. « Nous avons rencontré une jeune fille dans un abri, qui a commencé à s’automutiler » – témoigne Kasumi Shirae, travailleuse sociale spécialisée en psychiatrie – « Quand on lui a demandé pourquoi elle faisait cela, elle a dit que c’était pour apaiser la frustration de la vie de tous les jours » 

La ville reste, elle-même, "souffrante" ; même si une grande partie des débris ont été déblayés par l’armée et que les routes sont en train d’être réparées, le centre ville demeure une terre désolée.

Vue du paysage dévasté d’Otsuchi
© Eric Rechsteiner

La reconstruction est néanmoins en route et les signes de reprises se font de plus en plus nombreux. A la fin juin, un bâtiment en préfabriqué a été construit pour héberger l’hôpital, qui est maintenant à nouveau en mesure d’accueillir les patients. La rapide construction de plus de 2 000 habitations temporaires en préfabriqué continue, le déménagement des personnes déplacées dans ces nouvelles structures devrait normalement finir avant la fin du mois de juillet.

A la mi-août un nouveau maire sera élu à Otsuchi pour combler le vide laissé par le précédent, décédé lors du tsunami alors, qu’il était resté en poste jusqu’au bout pour appeler la population à chercher un refuge dans les hauteurs de la ville.

Les actions de MdM

Depuis quatre mois MdM Japon intervient à Otsuchi avec un projet de réponse à l’urgence causé par le séisme. L’intervention de MdM Japon, qui a été confirmée jusqu’à la fin du mois de mars 2012, s’articule autour de trois axes principaux :

  • des soins de santé primaire dans les abris et dans les maisons individuelle,
  • des consultations psychologique,
  • des massages et thérapies anti-stress, individuelles ou de groupe.

Une équipe de spécialistes engagés –psychiatres, psychologues, infirmières, acupuncteurs, thérapeutes et masseurs– constitue le cœur de ce travail auprès des populations sinistrées, sous la supervision des autorités sanitaires et sociales de la Préfecture d’Iwate.

Début mai 2011, MdM Japon a commencé également à intervenir au sein du lycée d’Otsuchi deux fois par semaine. Les psychiatres et psychologues de MdM offrent des consultations aux lycéens et au personnel scolaire, alors que des thérapeutes donnent des cours de relaxation aux lycéens.

A l’heure actuelle, MdM est en charge d’environ 530 personnes déplacées à cause du séisme et logeant dans 12 abris collectifs,

MdM s’occupe également du soutien psychologique des personnes logées dans les maisons en préfabriqué et dans plusieurs maisons individuelles

Depuis le démarrage des activités (du 4 avril au 16 juillet 2011), les équipes de MdM Japon ont effectué auprès des populations sinistrées près de 800 consultations médicales et/ou psychologiques 209 prescriptions médicales 800 sessions de relaxation

Si les perspectives de l’action de MdM à Otsuchi au delà de 2012 sont encore incertaines, la possibilité de travailler dans autre zone de la région du Tôhoku est déjà en train d’être discutée au sein de l’association.

La relaxation pour soigner la souffrance psychologique

La souffrance psychologique dans cette phase de post-urgence reste importante, et les effets du trauma se feront sentir encore pendant longtemps.

Séances de massage individuelle
© Eric Rechsteiner

Certains membres de l’équipe MdM se rappellent d’une autre expérience d’urgence liée au séisme au Japon. « Encore aujourd’hui, 16 ans après le grand tremblement de terre de Hanshin (Kobe, en 1995), je rencontre des personnes qui souffrent à cause de ce fardeau affreux » dit Ayumi Amada « On a appris de Kobe qu’il est essentiel d’offrir de l’assistance psychologique et médicale sur le long terme après de grandes catastrophes naturelles »

En complément des consultations psychologiques, MdM organise des séances de relaxation, individuelles et en groupe. « Nos corps sont liés intimement à nos émotions – nous explique un des thérapeutes bénévoles de MdM, le Dr Hiro’omi Sensui – donc en relâchant le stress physique et l’épuisement on peut réellement améliorer notre bien-être émotionnel aussi. »

L'offre anti-stress de MdM consiste en des techniques de relaxation, des massages et des étirements. Les bénévoles de l’équipe de relaxation de MdM sont issus de formations en activités physiques comme le yoga et les arts martiaux. Après les exercices les personnes se sentent motivées à devenir responsable de leur propre « soin de soi». Une brochure MdM sur le type d’exercices à pratiquer est également distribuée lors des séances.

Les résultats positifs de cette thérapie rendent optimistes autant les bénéficiaires que les intervenants de MdM. «Juste après le séisme, beaucoup ressentaient des douleurs dans les genoux et le bas ventre, une raideur dans les épaules et le cou, et une basse pression à cause du traumatisme » – explique un thérapeute – « Maintenant, nous entendons souvent que les douleurs ont disparu, et l’expression de leurs visages est si vivante qu’elles ne semblent plus les même personnes que celles que nous avions rencontrées au début ! Tout ça nous rend heureux aussi ».

En ce qui concerne les projets à venir, MdM Japon se prépare à concentrer plus d’efforts sur le travail avec les personnes qui déménagent dans les maisons en préfabriqué. L’association a également amorcé des échanges avec les autorités locales de santé d’Otsuchi autour de la possible création d’un “Disaster-related Stress Counselling Center” en coopération avec la ville d’Otsuchi et le Kamaishi Healthcare Center.

L’équipe Médecins du Monde - Japon

Le travail fait sur la psychiatrie pour les SDF à Tokyo par MdM Japon et les soignants regroupés depuis de nombreuses années dans les missions de l’Opération Sourire ont permis de mobiliser rapidement un nombre assez important de volontaires pour les actions d’urgence de MdM Japon.  Depuis le 1er juillet, et comme convenu avec les autorités locales, le programme de MdM Japon est entré dans une nouvelle phase avec une équipe réduite adaptée à la diminution du nombre de personnes hébergées en abris collectifs. Mme Saki Ueno, infirmière collaborant depuis plusieurs années avec Médecins du Monde via l’Opération Sourire, est basée à Otsuchi 4 jours par semaine, tandis que le Dr Suimei Morikawa, psychiatre et Responsable du Projet Tokyo, se rend sur-place 2 jours par semaine. La coordinatrice du projet, Mme Nao Namizuka, effectue de fréquents déplacements depuis Tokyo.

Travail de MdM dans les abris temporaires
© Eric Rechsteiner

Les efforts de MdM Japon s’ajoutent à ceux des bénévoles issus de la communauté locale qui restent nombreux. Les jeunes et les étudiants aussi essayent de se rendre utile dans leur communauté. « Certains lycéens utilisent leurs temps libre pour écouter les personnes âgées, et aussi ces personnes qui se tournent vers l’alcool pour oublier leurs souffrances »  explique le psychiatre Sachihiro Ochi.




Population bénéficiaire : 16 000

Responsables : Prune Helfter, Directrice Générale MdM Japon

Sources de financement : MdM, Crédit Agricole, Axa, HR Institute

Budget 2011 : 500 000 €

Septembre 2011